«Cette nouvelle affaire pourrait avoir des implications catastrophiques pour l'agriculture d'élevage en Grande-Bretagne, déjà submergée par les problèmes.» Ben Gill, président de l'Union nationale des fermiers britanniques, était totalement abattu hier matin à l'annonce qu'une épidémie de fièvre aphteuse venait d'être détectée sur 28 porcs dans un abattoir du comté d'Essex, au nord-est de Londres. L'Union européenne ainsi que la Suisse ont immédiatement annoncé une interdiction d'importer des animaux vivants, de la viande, du lait et tout autre produit d'élevage britannique, en tout cas jusqu'au 1er mars. Dur pour un secteur sinistré par la maladie de la vache folle.

Le Ministère de l'agriculture s'est dit déterminé à prendre les mesures les plus rapides pour enrayer la progression de l'épidémie. D'emblée, un périmètre d'interdiction de cinq miles (8 kilomètres) a été tracé autour de l'abattoir et de deux fermes qui ont fourni les porcs malades.

C'est la première fois depuis vingt ans que la fièvre aphteuse frappe en Grande-Bretagne. Ce virus extrêmement contagieux touche aussi bien les porcs que les vaches, les moutons, les chèvres et d'autres ruminants ou bovidés. S'il ne provoque le décès de l'animal (par inflammation du muscle du cœur) que chez les sujets les plus jeunes, il rend impropre le bétail à l'exploitation normale. La bouche et les pieds infestés de furoncles, le bétail ne prend plus de poids et ne produit plus assez de lait. Même une fois guéris, les animaux touchés restent porteurs deux ans durant. La dernière grande épidémie de fièvre aphteuse sur l'île, en 1967, avait nécessité l'abattage d'un demi-million de bêtes en huit à neuf mois. Un vaccin prévient toutefois contre les sept variantes du virus.

Pas de danger pour l'homme

Le caractère très infectieux de la maladie nécessite une quarantaine stricte, y compris pour les hommes qui doivent incinérer les habits potentiellement en contact avec la maladie. Celle-ci n'est normalement pas transmissible à l'homme, même s'il consomme de la viande d'un animal infecté. Les rares cas d'infection humaine se sont révélés si bénins que la fièvre aphteuse n'est pas considérée comme un problème de santé.

En revanche, le problème économique est bien réel pour des éleveurs déjà lourdement frappés l'an dernier: une poussée de fièvre porcine avait nécessité l'abattage de 12 000 porcs et l'interdiction d'exportation des cochons vivants et de leur semence.