«Un sujet et un souverain sont des êtres clairement différents», répétait Charles Ier quelques minutes avant d'être exécuté à Whitehall. Jusqu'au bout, le roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande fut fidèle à la conception d'une monarchie forte, un absolutisme qui ne souffrait aucune contestation politique ou religieuse. Si l'idée autoritaire triomphait sur le continent, elle signa la perte du fils de Jaques Ier.

Son règne durant, soutenu par sa femme catholique Henriette de France, il batailla contre le parlement, qui maintenait lui le principe de la supériorité de la loi sur le roi. Charles Ier dissolut le parlement et gouverna à vue, épaulé, ou plutôt guidé par ses conseillers Laud et Stafford.

Le prélat William Laud était le défenseur d'une liturgie anglicane proche du catholicisme. Il s'en prit aux puritains, fermant leurs chapelles, interdisant leurs assemblées et leur sabbat dominical. Du coup, 20 000 protestants rejoignirent les pèlerins du Mayflower et formèrent le noyau de la Nouvelle-Angleterre. Si les Etats-Unis sont aujourd'hui ce qu'ils sont, anglo-saxons et puritains, ils le doivent quelque part au zèle de Laud, qui fut d'ailleurs exécuté lorsque le parlement anglais retrouva son assise.

Dans un climat complexe, où théologie, politique et fiscalité étaient étroitement mêlées, la guerre civile éclata. Maîtres de Londres et des ports, donc assurés d'obtenir de l'argent, les Têtes rondes (parlementaires aux cheveux ras) prirent l'ascendant sur les Cavaliers royalistes. La guerre dura quatre ans. Elle vit la montée en puissance d'Oliver Cromwell, soldat puritain jusqu'au mysticisme, qui s'enfermait avec sa Bible avant d'écumer les champs de bataille à la tête de ses Ironsides (Côtes de fer). Charles Ier tenta de fuir en Ecosse, dont il était originaire, et de multiplier les intrigues, autant avec les Ecossais qu'avec des parlementaires de Londres. Une nouvelle fois, ses troupes furent écrasées. Le roi fut ramené de force à Londres pour y être mis à mort.

Van Dyck fit un portrait célèbre de Charles Stuart. Il y transparaît la tristesse et l'obstination d'un souverain qui ne comprit jamais que la loi de ses sujets était au-dessus de lui. Comme l'a noté un observateur de l'époque, «il mourut en répétant les affirmations de toute sa vie».