Pour succéder en 1603 à Elisabeth Tudor, les Anglais entendaient troquer une forte nature féminine contre une forte nature masculine. Fils de la courageuse Marie Stuart, le roi d'Ecosse, Jacques VI, offrait un profil idéal. La réalité a été tout autre. Dès son accession au trône d'Angleterre, l'Ecossais, qui devient Jacques Ier, se met le peuple à dos. Lors du voyage d'Edimbourg à Londres, il fait pendre un voleur sans jugement, au mépris des libertés anglaises, épuisant d'un bon bout le crédit de confiance que lui avaient légué ses prédécesseurs. Bavard et brouillon, très dispendieux (il comblait de faveurs ses protégés, tel Buckingham), le roi ne tarde pas à irriter les catholiques du royaume. Désirant une monarchie absolue, Jacques Ier avaient exigé des catholiques une loyauté inconditionnelle envers sa personne, non envers le pape. D'où la Conspiration des Poudres, qui visait à faire sauter en 1605 la Chambre des lords à l'occasion d'une présence royale. Le plan a été déjoué, le soldat catholique Guy Fawkes prestement supplicié. La conspiration a sapé pendant longtemps la religion en Angleterre, le papisme étant lié dans les esprits à des images de complots contre la sûreté de l'Etat. Autre décision malheureuse, dont les effets perdurent aujourd'hui: Jacques Ier a concédé en 1608 une petite ville irlandaise à douze guildes de marchands londoniens, ville qui a été du coup rebaptisée Londonderry.

Les protestants indépendants ont également refusé de reconnaître l'Eglise d'Etat et la monarchie absolue de Jacques Ier. Après un crochet par la Hollande, une centaine d'entre eux se sont embarqués en 1620 à Southampton sur le Mayflower, direction la Nouvelle-Angleterre, bientôt rejoints par des milliers d'autres émigrants puritains.