En plaçant le Soleil au centre du système solaire, Copernic a amorcé une formidable révolution intellectuelle. Son plan cosmique comportait toutefois un sérieux défaut. Selon le Polonais, les planètes accomplissaient des mouvements circulaires – les nobles cercles chers aux Grecs – autour du Soleil. L'astronome danois Tycho Brahé a perfectionné le système copernicien, bien qu'il ait tenté de réhabiliter la Terre dans sa position centrale. A son décès, Brahé a laissé ses observations à son jeune assistant, chargé de poursuivre les travaux. L'assistant était Allemand, s'appelait Johannes Kepler, et était au bénéfice de sérieuses études de mathématiques et de théologie.

En 1594, Kepler devient le mathématicien officiel des Etats de Styrie. En observant attentivement Mars, il arrive à la conclusion que son mouvement n'est pas compatible avec les faits coperniciens. Seule une orbite elliptique saurait l'expliquer. Mieux, dit Kepler, la Lune, la Terre et les autres planètes adoptent le même mouvement plus ou moins ovale, avec le Soleil pour foyer. L'Allemand affirme même que les périodes des planètes sont proportionnelles à leur distance moyenne au Soleil. Il complétera ses découvertes, qui scellent le socle de l'astronomie moderne, par des travaux d'optique, définissant le rayon lumineux ou expliquant la réflexion de la lumière.

Pour la première fois, un système décrivait de manière exacte et cohérente le mouvement des corps célestes. Mais Kepler n'a pas répondu à la mystérieuse question: «Qu'est-ce qui soutient les planètes dans l'espace et les maintient sur leur trajectoire?» Une trentaine d'années après sa mort, un jeune Anglais a été contraint de fuir une épidémie de peste à Londres et de se réfugier dans le Lincolnshire, célèbre pour ses pommiers.