Paris phagocyte toutes les villes qui l'entourent. Aucune agglomération de la région parisienne n'a réellement d'existence propre. Aucune sauf Versailles. Son château en fait autre chose qu'un simple satellite de la capitale.

La naissance de Louis XIV avait été interprétée comme un signe divin envers le peuple de France. Louis XIII et Anne d'Autriche avaient en effet mis dix-neuf ans à donner un dauphin au royaume. Leur fils deviendra roi à 5 ans, en 1843. Mais ce n'est qu'à la mort de Mazarin, en 1661, que son règne personnel commencera, le plus long de l'histoire de France. Tout a été écrit sur cette période faste pour la France. Une politique extérieure qui fait du pays le plus puissant (et le plus détesté) d'Europe, des arts que les historiens décrivent comme rayonnants (Corneille, Racine), un système économique puissant (le colbertisme). Mais Louis XIV restera également dans l'histoire pour un goût immodéré du spectacle. «Les peuples se plaisent au spectacle, disait-il. Par là, nous tenons leur esprit et leur cœur.» Et comme décor de la mise en scène de sa vie, Louis XIV a choisi Versailles. Ce qui n'était qu'un pavillon de chasse pour Louis XIII deviendra un bâtiment somptueux et des jardins gigantesques par la volonté de Louis XIV. Les travaux prendront plus de vingt ans et emploieront 36 000 ouvriers. En 1682, Louis XIV y installe la Cour. Le spectacle peut commencer. Le culte du Roi-Soleil mobilisera les courtisans et certains artistes pendant des années, Versailles se chargeant d'une aura directement héritée du roi. Un exemple de l'utilisation politique de l'architecture que les dirigeants français ont su garder en mémoire.