En Angola mais aussi dans toute l'Afrique noire, on raconte encore aujourd'hui l'histoire de Nzingha, la reine du Matamba qui incarna au XVIIe siècle la plus forte résistance africaine contre les envahisseurs portugais chasseurs de «bois d'ébène» – d'esclaves. Le continent est alors déjà très convoité par les puissances coloniales. Il est aussi source d'approvisionnement d'esclaves emmenés outre-Atlantique. Les Portugais se tournent naturellement vers l'Afrique pour peupler leur colonie brésilienne. Le nord-ouest africain fournit déjà beaucoup d'esclaves. Ils vont plus au sud, jusqu'aux royaumes du Ndongo et du Matamba (sud de Congo) pour effectuer les rafles.

Nzingha est née en 1581. C'est l'année où son père Ngola Kiluanji remporte une victoire éclatante contre les Portugais. Le premier adversaire de la jeune princesse ne sera cependant pas les nouveaux colons mais son propre frère. A la mort de Ngola, celui-ci usurpe le trône. Nzingha se retire dans le Matamba d'où elle mène sa guerre et d'où elle réussit aussi à déloger son frère.

Dès lors, son combat se poursuit de plus belle. Stratège militaire, visionnaire politique, elle mène la résistance pendant quarante ans. Nzingha sait exploiter les rivalités entre les divers clans africains et les puissances étrangères pour nouer et dénouer des alliances. Ainsi à un moment, elle s'allie aux Hollandais pour combattre les Portugais. Plus tard, elle accepta même de se convertir au catholicisme. Elle se fait appeler Ana de Souza pour gagner la confiance des Portugais.

La reine Nzingha est morte en 1655, à 82 ans. Elle a été un modèle pour de nombreux résistants africains.