Quand Zhu Yuanzhang s'empare de Nanjing, en 1359, la Chine des Yuan (Empire mongol) est dans un état de délabrement et de dislocation avancé. Miné par une administration rapace, par la corruption des moines tibétains qui contrôlent le clergé, l'Etat n'existe plus guère. Des rébellions populaires ravagent les bassins des grands fleuves, en particulier celle, la plus connue, des Turbans rouges. Celle du Zhu, fils d'un ouvrier agricole du Jiangsu et de la fille d'un sorcier, est d'abord faible, puis s'impose à toutes les autres après la prise de Nanjing.

En 1368, peu avant de s'emparer de Pékin, capitale et dernier fief des Yuan, Zhu Yuanzhang fonde la dynastie des Ming et prend le nom de règne de Hongwu. Avec lui, c'est une formidable ère d'essor qui s'ouvre en Chine. La remise en état de l'empire passe par de grands travaux d'irrigation, des déplacements de population pour relancer une agriculture à l'abandon, avec un succès tel que le travail de la terre et ses revenus, plus que le commerce, seront le fondement même de la puissance des Ming. Hongwu lance aussi une extraordinaire campagne de reboisement du pays qui se traduira par la plantation (devenue un devoir familial) d'un milliard d'arbres. Ce volontarisme s'appuie, bien sûr, sur un régime autocratique et centralisé, sur une police politique omniprésente chargée d'éliminer les rivaux de l'empereur, en particulier Hu Weiyang, son compagnon d'arme, condamné à mort au cours d'un procès où sont jugés d'un coup 15 000 personnes.

La nouvelle vigueur de l'empire conduit aussi à l'expansion, jusqu'en Corée, en Asie centrale, au Vietnam, et aux grandes expéditions maritimes. La Chine prend le large.