Les représentations de la vie et des fêtes d'antan restent en général à l'image du passé: sages et empesées. Il arrive pourtant qu'au détour d'une danse, projetée par le bras ferme de son cavalier, la danseuse envoie les plis de sa jupe dessiner des arabesques, dans le ciel de Champéry en l'occurrence. Emportée par le mouvement, elle dévoile, pour un instant, pour un instant seulement, des éléments à l'ordinaire jalousement dérobés aux coups d'œil indiscrets. Sous nos latitudes, les habits d'autrefois sont plus adaptés aux travaux de la campagne qu'aux parades ou aux bals. Caracos amples, blouses à manches longues, jupes tombant à mi-jambes, bas attachés sur le genou: des mètres et des mètres de tissus ne sont pas seulement taillés et assemblés pour protéger du froid ou du vent la tendre peau des femmes. Ils constituent aussi un écran efficace à toute intrusion de regards masculins.

Jean Mohr a rapporté de son long périple à travers le monde des images qui disent la vie des hommes. Préoccupé de la pérennité et du rayonnement de son œuvre, il a réalisé un CD-Rom qui présente ses archives. Une démarche qui pourrait, à terme, faciliter le travail entrepris par Memoriav, l'Association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse.

Jean Mohr présentera sa démarche et son exposition «Derrière le miroir», vendredi 29 novembre 2002 à 17 h 30 à la Médiathèque Valais – Martigny.