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Défilé Kering, Fashion Week Paris, 2013.
© Benoit Tessier/Reuters

Mode

La fin de la maigreur sur les podiums

Pleines de bonne volonté, des marques ont signé une charte en faveur du bien-être des mannequins

Des mannequins qui tiennent à peine debout, engoncées dans leurs cuissardes. D’autres qui s’évanouissent après être restées trois heures en plein soleil sans rien à boire. Triste tableau pour la quatrième saison de la marque Yeezy du rappeur Kanye West. La faute à qui? Au clan Kardashian-Jenner, qui était en retard au défilé…

Il y a tout juste un an, le show avait soulevé les indignations et l’effroi de milliers d’internautes et de «modeux» de tous bords. Depuis plusieurs années, ce genre de calvaire est pourtant devenu monnaie courante pour les mannequins souhaitant faire carrière en foulant les podiums des plus grandes maisons de couture. Au point que James Scully était sorti de sa réserve. Le directeur de casting avait publiquement condamné Balenciaga, jugeant «sadique et cruelle» cette manie de la marque italienne de faire poireauter ses modèles des heures dans les escaliers.

Seize ans minimum

En partie pour répondre à cette énième polémique au sujet des conditions de travail des modèles, les deux géants du luxe Kering et LVMH ont signé une charte commune «sur les relations de travail et le bien-être des mannequins». Les deux groupes, qui possèdent notamment des marques comme Vuitton, Yves Saint Laurent, Gucci ou encore Fendi ont profité du lancement la semaine dernière de la Fashion Week de New York pour marquer le coup.

Lire aussi: Les géants de la mode LVMH et Kering bannissent les mannequins trop maigres

Les nouvelles mesures qui concernent le poids et l’âge des mannequins devront être appliquées immédiatement et dans le monde entier. «Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d’inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre», déclarait le PDG de Kering, François-Henri Pinault.

La charte prévoit d’exiger un certificat médical, daté de six mois au maximum, attestant de la bonne santé et de l’aptitude des mannequins à travailler. L’âge minimum pour se présenter aux castings est désormais fixé à 16 ans. «Une jeune fille de 15 ans n’a pas le bagage nécessaire pour affronter le monde difficile de la mode et du mannequinat», admet Antoine Arnault, membre du conseil d’administration de LVMH. Plus de gamines dans des vêtements de femmes, à l’avenir. De leur côté, les 16-18 ans feront l’objet d’une attention et d’une surveillance particulière.

Illusion malsaine

Alors que Karl Lagerfeld déclarait à plusieurs reprises que «les mannequins maigres rendent juste mieux sur le catwalk», la charte insiste sur la suppression des tailles inférieures au 34. «Même si une taille 34 reste beaucoup trop maigre pour 1 m 80», estime l’ancien mannequin Victoire Maçon Dauxerre, qui avait dénoncé le diktat de la maigreur en 2016. Lequel, à travers les campagnes de publicité et les défilés, fait des ravages depuis longtemps en vendant aux jeunes filles une illusion malsaine les entraînant parfois dans l’anorexie ou d’autres moyens pour conserver une taille zéro, tels que la réduction mammaire ou la prise de laxatifs.

«C’est un premier pas extraordinaire pour remettre un peu d’humanité dans la façon dont sont traités les mannequins», estime James Scully, qui a participé aux discussions dans l’élaboration de la charte. Reste à savoir si les photographes et les fashion designers se plieront à ces exigences.

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