Une quinzaine d'adolescents veveysans n'en reviennent toujours pas: mardi à midi, leur classe était invitée par le chef Denis Martin à déguster un menu gastronomique dans le décor cossu de son restaurant du Château. Foie gras frais, langoustines et pigeon figuraient notamment au programme, créant tour à tour inquiétude et séduction dans une assemblée qui comptait huit nationalités. «'Y mangent toujours comme ça, les riches?» lançait une élève, projetant la Semaine du goût dans sa dimension la plus… inattendue.

D'autres surprises attendent aujourd'hui les écoliers de Vevey, qui vivront leur première «flânerie ludico-pédagogique au pays des goûts». Quelque 40 classes enfantines et primaires apprendront à reconnaître les quatre saveurs de base au fil d'un parcours éducatif. Après une première étape où les élèves identifieront les différentes zones sensibles de la langue, ils compareront yaourt sucré et nature, riz salé et neutre, petit fruit acide et fade. Puis ils dégusteront dans chaque registre une biscotte à la mousse de carottes et fleur d'oranger, une nocette au sérac d'alpage et fleur de sel, une pita à la purée de pois chiches citronnée et une bouchée aux jeunes pousses sauvages.

Au pilotage, on retrouve l'enseignant Yvan Schneider, qui allèche chaque mois nos colonnes avec ses leçons de cuisines du monde, ainsi que sa collègue Anne-Francine Simonin et le spécialiste du goût Jean-Louis Ambresin, référence technique de l'opération. Persuadé qu'il fallait associer un projet didactique d'envergure au concept souvent commercial de la Semaine du goût, le trio avait sollicité à l'origine l'aide du Département vaudois de la formation. Des mois de silence plus loin, les volontaires lançaient dans l'urgence une action locale, avec l'appui du directeur d'arrondissement. Et tandis que les préparatifs veveysans battaient leur plein avant les relâches, une circulaire émanant de l'autorité cantonale invitait tous les établissements à marquer l'événement. Une missive restée lettre morte qu'Yvan Schneider préfère considérer comme un encouragement aux éditions futures.