Longtemps, on a pensé la ville et la campagne comme diamétralement opposées. De Rousseau aux physiocrates, en passant par les organisations de défense de la nature, tous soulignaient cet antagonisme qui semblait alors immuable: d’un côté le béton souillé, stérile et aliénant, de l’autre la nature fertile et nourricière.

Mais ces lignes de partage ne sont plus aussi claires aujourd’hui. En témoigne l’aspiration toujours plus prononcée des citadins à retrouver l’odeur de la terre, à enfouir les mains dans l’humus, à cultiver leurs propres légumes. Même en plein centre-ville, au cœur du tissu urbain, il est désormais possible de découvrir, çà et là, des carrés potagers, des jardins communautaires ou encore des bacs en libre accès, preuves tangibles d’un engouement qui ne semble pas s’arrêter à un phénomène de mode uniquement porté par quelques post-babas ou néo-bobos.