Première publication. «Des bandes dessinées en Italie, au début des années 80. Puis des dessins de mode pour la - défunte – revue Vanity.»

Illustration. «Un art qui a toujours existé, puis un peu disparu dans les années 50, avec l'amélioration des techniques de reproduction photographique. Si l'illustration revient beaucoup, c'est qu'elle permet à des marques de communiquer différemment: en mettant en avant l'exclusivité, un caractère artisanal, une idée du luxe et de la sophistication. Avec des possibilités de faire écho à l'histoire de l'art, donc d'inscrire la mode dans l'art.»

Métier. «On attend d'un illustrateur qu'il synthétise une idée, qu'il identifie un message à faire passer. Il lui faut la patience et l'énergie de capter des éléments parfois indicibles. Le but est de raconter une histoire, et de savoir ne pas tout raconter en même temps.»

Liberté. «J'ai toujours cherché la liberté. On ne me dit pas ce que je dois faire! Les processus de production dans la mode sont devenus complexes, parfois lourds. Heureusement, il y a toujours des marques qui acceptent des choix pointus.»

Etincelle. «Parfois le vêtement conduit au dessin, parfois un dessin vient inspirer un créateur de mode. Tout cela circule.»

Techniques. «Variables! Beaucoup de gravure, de la peinture bien sûr, parfois du traitement par ordinateur.»

Développement. «L'illustration est un marché encore frais, elle a de quoi se développer. C'est un genre qui trouve aussi une autonomie, hors des magazines. Des maisons commandent par exemple des pièces uniques, pour des boutiques ou des showrooms.»

Tendance. «C'est le grand souci des agences de publicité! Mais les tendances vont dans tous les sens, suivant les pays, les âges, les philosophies.»

Mode. «Une des choses amusantes avec lesquelles n'importe qui peut jouer. Il y a des (fashion) victimes, mais la plupart sont consentantes…»

Style. «On en a ou pas, mais c'est indéfinissable et personnel. On peut s'inspirer des autres, mais le style ne se transmet pas par imitation.»

Morcellement. «Beaucoup de mes images ne montrent pas des êtres «entiers». Je m'attarde sur un buste, un pied, un visage. L'expressivité des parties est telle que cela suffit.»

Vêtement. «Une robe d'Alexander McQueen vue récemment, faite de petites culottes cousues ensemble. C'est un vêtement plein d'humour, et l'humour manque beaucoup dans la mode.»

Un artiste. «L'illustrateur belge Félicien Rops, qui a fait des choses merveilleuses au tournant des XIXe et XXe siècles.»

Suisse. «Elle est là, j'ai été entraîné à la recherche de qualité, au travail bien fait! La provocation? C'est peut-être mon côté montagnard jurassien.»