«On n’aspire pas à être normal, c’est plutôt quelque chose dont on veut sortir.» Comme elle semble démodée, cette jolie phrase de Jodie Foster. Comme elle contraste avec notre temps qui voit les hors-normes, les parias, les grands, les gros, les homos, les handicapés, les vus-de-traviole et les m’as-tu-vu réclamer leur quart d’heure de normalité.

Je ne parle pas des gens vraiment normaux, moi, vous peut-être, qui aspirons à notre moignon de singularité. Mais des gens hors norme. Surtout des stars qui passent beaucoup de leur temps à se dire «normales», à poser en personnes «normales». Hier figures transgressives, les people s’inventent des airs de normalité.

Comme c’est drôle, alors, de voir François Hollande et les siens copier cette rhétorique des magazines people et se poser en originaux de la normalité. Ils n’ont que ça à la bouche: travailler normalement, représenter des gens normaux, etc. On voit bien comment cette normalâtrie leur est utile: elle prend à contre-pied ce Sarkozy qui cherchait à transformer le moindre instant banal en événement exceptionnel. On a un peu oublié ce que la construction de cette normalité doit aux stars et à leur système à paillettes.

La normalité, hein, quelle fiction!