Cet après-midi la Gay Pride défilera devant la cathédrale de Fribourg. Des préservatifs seront distribués dans le nouveau centre de congrès récemment inauguré par les autorités civiles et religieuses. Ces images ont paru insupportables à une petite minorité de catholiques fribourgeois qui ont vertement fait part, dans le courrier de lecteurs du quotidien «La Liberté», de leur «horreur face à cette provocation insidieuse».

L'outrance du propos a provoqué des réactions, des appels à la tolérance, et la naissance d'un véritable débat. Consciente du malaise que provoque l'homosexualité dans une partie de la population, «La Liberté» a édité un cahier spécial qui a dû ouvrir les yeux des extrémistes en dévoilant les difficultés de vie des homosexuels. Pas celles d'étrangers mais de voisins de palier qui doivent souvent mentir par omission pour ne pas subir désapprobation et brimades.

L'acceptation totale des droits de fête et de manifestation d'une minorité n'est pas encore acquise, comme le prouve l'organisation d'un défilé de protestation en direction de la chapelle de Bourguillon. Mais les choses bougent. Les autorités ont accueilli sans sourciller une manifestation dont la partie festive se déroulera pour la première fois dans les locaux publics d'une salle de congrès. Plus de 10 000 personnes, soit le tiers des habitants de la ville de Fribourg, seront reçues. La présence de la Gay Pride a le mérite de forcer le dialogue dans un canton généralement respectueux de ses propres minorités linguistiques, religieuses et culturelles. Une bonne manière d'aborder la nouvelle Constitution cantonale qui prévoit justement la reconnaissance d'autres formes de vie en commun que le mariage.