Fumer pendant la grossesse n'a pas seulement des conséquences sur le poids du futur nouveau-né, mais peut provoquer la mort du fœtus ou du bébé pendant la première année de sa vie. Telle est la conclusion d'une large étude épidémiologique danoise publiée jeudi par l'American Journal of Epidemiology.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'Hôpital universitaire Skejby d'Aarhus ont étudié le devenir de plus de 25 000 grossesses entre 1989 et 1996. Par rapport aux mères non fumeuses, les adeptes de la cigarette ont présenté un risque presque deux fois plus grand de perdre leur enfant encore en gestation ou durant sa première année.

Panel statistique

Les chercheurs ont examiné leur panel statistique sous tous les angles pour vérifier qu'aucun autre facteur n'était en cause. Ils ont ainsi obtenu les mêmes résultats quel que soit le sexe de l'enfant. L'âge, la taille ou le poids de la mère, son statut marital, son niveau d'études, sa profession, sa consommation d'alcool et de caféine pendant la grossesse n'ont également pas eu d'influence sur le taux de mortalité des fœtus ou des nouveau-nés.

Cette même étude relaie une meilleure nouvelle: il n'est pas trop tard de s'arrêter de fumer au cours du premier trimestre de la grossesse. Le taux de mortalité enregistré chez les fœtus et les bébés de moins d'un an est alors identique qu'ils soient nés d'ex-fumeuses ou de non fumeuses. Ce qui fait dire aux chercheurs que, dans une population où 30% des femmes fument, le quart des décès enregistrés in utero pourrait être évités. Selon des statistiques européennes, le taux de mortalité entre le 4e et le 9e mois de la grossesse est d'environ 1%.

«Les femmes enceintes croient que le tabac a seulement une influence sur le poids de l'enfant à naître, explique Kirsten Wisborg. Le tabagisme constitue un danger de mort pour les fœtus et les bébés.»