Conversation

Tous les garçons sont-il des violeurs?

Un jeune étudiants anglais conservateur se fait dépecer vif sur les réseaux et dans les médias britanniques pour avoir douté de l'utilité d'un cours sur le consentement sexuel

Cela s’appelle «I heart consent» et pourrait se traduire par «J’aime le consentement», le consentement sexuel s’entend. C’est une campagne de sensibilisation au viol sur les campus en Angleterre. Le cours a pour objectif d’éclairer les étudiants à ce que signifie un oui en matière de relation sexuelle dans un pays où près d’une étudiante sur trois a connu des avances très insistantes, voire plus grave:une étudiante sur sept a subi des violences physiques et des atteintes sexuelles.

Jusque-là, rien de bien nouveau. A cela près qu’un étudiant anglais bon chic bon genre (et conservateur) de l’Université de Warwick, George Lawlor, a déclenché une polémique devenue une conversation sociétale autour de ces cours surtout suggérés aux garçons. C’est qu’il n’a pas vraiment digéré d’y avoir été invité, via Facebook, en tant qu’étudiant du campus, par le groupe «I heart consent».

Ai-je la tête d’un violeur?

«Bien entendu les gens ne devraient interagir dans ce domaine qu’avec leur consentement mutuel. Mais je trouve cette invitation détestable […], et la considère comme une immense et douloureuse gifle. Etre invité à une telle perte de temps est la plus grande insulte que j’ai reçue depuis quelques années. Elle implique que j’ai une compréhension insuffisante de ce qui constitue ou non le consentement et c’est terriblement blessant. Je n’ai pas à être enseigné à ne pas être un violeur. C’est tout naturellement que je ne suis pas un violeur, comme cela doit l’être également de la majorité de gens que je connais»… Nous abrégeons son plaidoyer qui a connu une certaine vague de sympathie: plus de 3000 partages.

La curée des médias anglais

Mais on s’en doute, la réaction n’a pas tardé, ni les sarcasmes d’ailleurs. C’est la journaliste du Telegraph, Rebecca Reid qui, en la matière, décroche le pompon: «Breaking news! Les violeurs peuvent être de jolis étudiants bien éduqués.» Le ton est donné, Rebecca Reid ne va plus le lâcher et susciter près de 800 commentaires, sans compter les partages sur Facebook et sur Twitter. Ce qui lui fait grimper les murs, c’est l’assurance qui suinte de l’attitude de George Lawlor, c’est son ignorance des réalités, sa complaisance avec les clichés, sa conviction que les garçons d’une université huppée n’ont nul besoin qu’on les éclaire un rien sur leur éventuelle lourdeur ou leur préjugé. La machine médiatique s’emballe alors et, du Telegraph à l’Independent, en passant par Metro et une nuée d’autres sites, les réactions pleuvent, la stigmatisation du jeune homme est impitoyable.

Tout le monde devrait y passer

Au point que The Tab, le site étudiant où George Lawlor a lancé sa charge, lui vient en aide: «Tout ce qu’a dit Georg Lawlor n’est pas juste, mais la manière dont il a été traité est injuste.». Car Georg n’a pas tout tort en pensant qu’être invité sélectivement à de tels ateliers, comme ce fut son cas, ou celui des membres de l’équipe de rugby homme d’Oxford, n’est pas fair play. Cela sous-entendrait qu’il y a des personnes plus violeuses que d’autres. Bref, «si les ateliers sur le consentement ne sont pas obligatoires pour l’entier du corps estudiantin, ils manquent leur cible.» La mise au point a été partagée près de 40 000 fois…

L’homme est un chasseur

George jugeait les ateliers sur le consentement une perte de temps. D’autres une nécessité pour les garçons. The Tab préconise l’obligation pour toutes et tous…

Il y en a une, à l’université de Philadelphie qui doit bien se marrer: la féministe post-féministe (et hérétique aux yeux de certaines) Camille Paglia. Pour qui toutes ces simagrées ne cacheront pas cette donnée de la nature: l’homme est un chasseur qui considérera toujours la femme comme une proie. Aussi préconise-t-elle, pour ses congénères une seule attitude: le réalisme absolu. Et une voie pour être libre quand on est femme: se défendre bec et ongles. Cours sur le consentement sexuel ou pas.

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