Sur les 30 élèves surdoués étudiant à l'école Talenta de Zurich, 20 sont des garçons. Il ne faudrait surtout pas tirer des conclusions farfelues d'une pareille information! Pas besoin d'être surdoué pour comprendre que les filles ne sont pas plus sottes que les garçons. Toujours est-il que les questions principales posées à la fin de la conférence de presse, organisée mardi par l'école privée à l'occasion de ses cinq ans d'activité, tournaient autour de cette étrange inégalité.

La première personne ayant donné, mardi, une réponse aux journalistes est Ursula Hoyningen-Süess, chercheuse à l'Institut de pédagogie curative de l'Université de Zurich. La scientifique, qui dirige en ce moment un projet d'étude sur l'éducation des surdoués, a déclaré avoir déjà constaté le phénomène et remarqué dans son travail que les garçons surdoués montraient plus de difficultés à intégrer les classes d'école traditionnelles que les filles. Une structure spéciale leur est donc plus utile pour pouvoir se développer normalement.

De plus, et ça, c'est Xaver Heer, le directeur de Talenta qui l'a dit, les parents d'enfants surdoués feraient moins confiance à un soutien scolaire plus poussé si leur progéniture est une fille que si elle est un garçon. L'étude montre par ailleurs que les enfants surdoués supportent moins le sentiment d'échec que leurs camarades au QI normal et tiennent moins bien la pression liée à la performance.

Ouverte il y a cinq ans, l'école Talenta est destinée à aider les enfants surdoués à suivre une scolarité adaptée à leurs besoins. Contrairement aux clichés, les enfants surdoués ont de la peine à suivre un cursus scolaire traditionnel, au même titre que les élèves les plus faibles d'esprit. Or, les mesures prises jusqu'ici par l'école publique n'ont toujours profité qu'aux élèves qui subissent des échecs dus à leur retard de développement et non pas à ceux qui peinent à cause de leur avance intellectuelle.

Informations disponibles en français sur www.talenta.ch