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Lors du défilé Haider Ackermann, en septembre 2012 à Paris.
© MARTIN BUREAU

Engagements

Les géants de la mode LVMH et Kering bannissent les mannequins trop maigres

Les deux groupes français, qui représentent entre autres les marques Gucci, Saint Laurent, Vuitton ou encore Dior, ont adopté une charte visant à interdire l’emploi de mannequins à la maigreur excessive. Une initiative inédite

La nouvelle est tombée ce mercredi, à la veille de l’ouverture des défilés new-yorkais: les géants du luxe Kering et LVMH, représentant des grands noms de la mode comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins jugés trop maigres et âgés de moins de 16 ans. Cette charte «sur les relations de travail et le bien-être des mannequins» a été signée dans une démarche inédite après des polémiques, notamment sur les conditions d’un casting lors de la Fashion Week parisienne en février.

Elle prévoit une série d’engagements destinés à s’appliquer immédiatement dans le monde entier, lors des séances photo pour des campagnes publicitaires et les défilés de mode des marques appartenant à ces deux géants français (Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Christopher Kane, Stella McCartney, pour Kering, et Dior, Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Berluti, Pucci, Marc Jacobs et Loro Piana, pour LVMH).

Lire aussi: La chasse aux mannequins maigres s’étend

«Changer la donne»

«Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d’inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre», a déclaré le PDG de Kering, François-Henri Pinault. Antoine Arnault, membre du conseil d’administration de LVMH et fils du PDG Bernard Arnault, a salué une charte qui «change vraiment la donne».

Ces engagements vont au-delà de dispositions légales sur l’emploi des mannequins entrées en vigueur en France en mai. La charte requiert ainsi la présentation d’un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat – prenant notamment en compte l’indice de masse corporelle (IMC) du mannequin –, peut remonter jusqu’à deux ans.

Lire également: Mannequins, maigres et en plus boucs émissaires?

Alors que la maigreur des mannequins fait régulièrement polémique, les marques s’engagent à bannir les tailles les plus petites, inférieures au 34 (taille française) pour les femmes et 44 pour les hommes. «La disposition sur la taille, couplée au certificat médical de moins de six mois, est une mesure très forte qui va nous permettre d’avancer», s’est félicité François-Henri Pinault.

Le 34, «déjà assez petit»

«Beaucoup de gens ne connaissent même pas l’existence de la taille 32», a reconnu Antoine Arnault. «Mais un certain nombre de créateurs faisaient faire leurs prototypes en 32. C’est maintenant terminé, les tailles seront désormais à partir du 34, ce qui est déjà assez petit», a-t-il dit. Les maisons s’interdisent également d’embaucher des mannequins de moins de 16 ans pour des vêtements destinés à des adultes.

«Il y a eu des abus», a estimé Antoine Arnault. «Une jeune fille de 15 ans n’a pas le bagage nécessaire pour affronter le monde difficile de la mode et du mannequinat», a ajouté le responsable, marié au mannequin Natalia Vodianova. Le jeune âge des mannequins est souvent critiqué: des adolescentes de 14 et 15 ans ont foulé dans le passé les podiums de marques prestigieuses.

La polémique déclenchée par James Scully

La charte encadre les conditions de travail des mannequins, plus particulièrement celles des plus jeunes (16 à 18 ans), et les «situations de nudité ou semi-nudité». Elle prévoit aussi qu’ils aient «accès à une nourriture et à des boissons adaptées à leurs besoins alimentaires».

La Fashion Week parisienne avait été marquée en février par une polémique déclenchée par le directeur de casting américain James Scully. Il avait notamment mis en cause les conditions d’un casting réalisé pour Balenciaga (voir post Instagram ci-dessous) par deux de ses concurrents, les accusant de traitement «sadique et cruel» à l’encontre de jeunes filles forcées d’attendre des heures dans un escalier. La mise en œuvre de ces règles sera supervisée par un comité de suivi instauré par les deux groupes.

«Les PDG des marques de mon groupe vont veiller à ce que les mesures soient appliquées partout. Une marque qui ne se conformerait pas à la charte devra me rendre des comptes», a averti François-Henri Pinault, qui souhaite également dans l’avenir «avancer vite» sur la question de la diversité des mannequins.

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