La section de physique de l'Université de Genève s'est dotée d'une machine unique au monde. Le 21 novembre, elle inaugurera le plus puissant aimant de laboratoire doté d'un écrantage actif. L'installation servira à l'étude des matériaux supraconducteurs.

Le prototype a été construit par la firme suisse Bruker BioSpin. Mis à disposition des physiciens du Pôle de recherche national MaNEP, établi dans l'institution genevoise, il générera des champs magnétiques de 21,3 Tesla, soit plus de 420 000 fois le champ magnétique terrestre. «Il est doté d'un système d'écrantage qui permet de réduire drastiquement le champ à l'extérieur de l'aimant, rendant normales les conditions de travail dans son voisinage», précise le professeur René

Flükiger.

Cet aimant fait partie d'un dispositif destiné à caractériser des fils supraconducteurs. Un tel matériau, une fois refroidi à une température à peine supérieure au zéro absolu (-273° C), permet de transporter des courants électriques sans perte. Ces fils doivent ensuite être installés sur les futurs spectromètres à résonance magnétique nucléaire. «Ces puissantes machines servent notamment à analyser des molécules contenant un grand nombre d'atomes avec une très forte résolution. Elles sont utilisées dans l'industrie chimique et pharmaceutique», détaille René Flükiger.

Le dispositif, d'un coût de 1,5 million de francs, suscite un grand intérêt dans la communauté scientifique. De nombreuses collaborations scientifiques sont en cours à travers le monde entier, dont le CERN.