Il se faisait passer pour un «agent spécial», envoyé par la Suisse en zones de crise, justifiant ainsi ses soustractions, ses disparitions soudaines. Aux vieilles comtesses ou riches héritières qu’il allait cueillir dans les spas d’hôtels de luxe, Helg Sgarbi empruntait de l’argent, invoquant des dommages et intérêts versés à la famille d’une petite fille qu’il aurait accidentellement écrasée en Floride. Puis il les faisait chanter pour plus d’argent encore, à l’aide des films de leurs ébats qu’il menaçait d’envoyer à leur famille.

Helg Sgarbi, Suisse, mythomane, escroc et maître chanteur de 44 ans, a plaidé coupable dès l’ouverture de son procès à Munich lundi. Pour avoir obtenu, par le mensonge ou la menace, un total de près de 9 millions d’euros de la part de quatre femmes différentes, il écope de 6 ans de prison. Le procureur en demandait 9.

Le Suisse, né à Zurich, a tenu à publiquement présenter ses excuses à ses victimes, parmi lesquelles figure la femme la plus riche d’Allemagne, Susanne Klatten, l’une des principales actionnaires du constructeur automobile BMW. Cette dernière est la seule des quatre plaignantes dont l’identité est connue. Les autres ont été désignées par les seules lettres H., S. et R.

Charmant et mélancolique

Susanne Klatten, qui n’était pas présente lors du procès, avait dit du «gigolo suisse» qu’il s’était montré charmant, attentionné et, en même temps, qu’il avait l’air mélancolique. «Cela m’a donné l’impression que nous avions ce point en commun», avait-elle ajouté dans son témoignage.

Outre les quatre victimes du procès, Helg Sgarbi avait soutiré, par les mêmes méthodes, plusieurs millions d’euros à la comtesse Verena du Pasquier-Geubels, 83 ans, et de 50 ans son aînée au moment des faits. Elle l’avait dénoncé à la police en 2001, puis avait retiré sa plainte, avant de décéder l’année suivante.