Le fabricant américain de pneus Goodyear présente en première mondiale, au Salon de l'auto de Genève, un pneu dont la matière première est l'amidon de maïs.

La recherche de Goodyear est très sérieuse, puisqu'elle s'appuie sur cinq ans de travaux visant à remplacer la silice et les suies extraites d'huile minérale, par une matière plus écologique. Un pneu est en effet constitué, entre autre, de caoutchouc pour l'élasticité et l'adhérence, et d'une matière de remplissage. Les chaînes de molécules du caoutchouc comportent des trous et c'est à cet endroit que Goodyear a inclus le «Mater-bi», produit à base d'amidon de maïs.

Le maïs en question est produit en Europe, puis traité par la société italienne Novamont, issue de l'association de chimistes Ferrazzi/Monsanto. Le représentant français de Novamont précise que le végétal «n'est en aucun cas issu de l'agriculture transgénique». La société productrice n'a pas donné suite à notre demande pour confirmer l'origine du maïs.

Disponible au printemps

Ces pneus, appelés GT-3, seront disponibles au printemps pour de petites et moyennes automobiles. Ils sont crédités par leur fabricant d'un respect poussé de l'environnement: grâce à leur matière de remplissage, ils offrent une résistance au roulement inférieure de 20% au pneu qu'ils remplacent, le GT-2. Cela se traduit par une économie de carburant de 5%, dans les meilleures conditions. D'autre part, le procédé de production de la silice et des suies a un bilan de CO2 négatif, au contraire de la culture du maïs, qui absorbe le CO2. Goodyear affirme donc que dans toute la chaîne de production de ce pneu, et grâce à la réduction de la consommation, il est possible de diminuer de 7,7 g/km l'émission de CO2, principal gaz responsable de l'effet de serre.

Ce pneu n'a pas encore été testé par des organismes tels le Touring Club Suisse et il est prématuré d'affirmer qu'il participe activement à la protection de l'environnement. Cependant, l'utilisation d'une matière organique recyclable dans la composition d'un produit à l'élimination hautement polluante préserve les ressources pétrolières. Et représente un pas en direction de la diminution de CO2 émis par les voitures, qui ne pourront dépasser 140 g/km dans l'UE, dès 2008. La tolérance est aujourd'hui de 186 g/100 km.