Romain Dubois n’en revient toujours pas. La petite annonce que la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN) a diffusée mercredi dernier pour proposer des heures de travail dans des EMS débordés a reçu plusieurs dizaines de réponses en moins de vingt-quatre heures, au point que, dès le lendemain, le vice-président de la FEN a dû récrire à ses 4000 membres pour leur signaler que tous les postes avaient été pourvus. «C’est un signe très préoccupant de la précarité des étudiants aujourd’hui. Nous avons redonné le contact du bureau d’aide sociale, rappelé la possibilité d’aide psychologique. J’aimerais bien évoquer ce problème au Grand Conseil, où je siège aussi. Mais nous n’avons pas de vision claire de la situation, c’est difficile de savoir ce qui se passe vraiment.»

Les modalités techniques, au point

Tout a changé pour les étudiants depuis septembre. Alors que des cours ont eu physiquement lieu sur tous les campus au début du semestre, le retour du téléenseignement a tout emporté sur son passage. Aux cours en classe ont succédé des séances de Zoom, Meet et autres avec plus ou moins de débit, et aux fêtes les tête-à-tête avec son écran. «C’est difficile, un étudiant de première année qui se dit déçu, que ce n’est pas cela qu’il attendait», se désole encore Romain Dubois. Les bibliothèques sont cette fois restées ouvertes, mais amputées de la moitié de leurs places de travail; pour certaines, il faut s’inscrire. Echanges internationaux suspendus, retour dans les familles pour certains, isolement pour les autres, difficultés à suivre un enseignement à distance, précarité économique et perspectives incertaines: les étudiants sont démotivés et l’inquiétude est grande, comme le risque de décrochage.