Après plusieurs années d'une baisse de ses effectifs, Greenpeace séduit à nouveau les partisans de la lutte pour la défense de l'environnement et affiche une hausse régulière de ses revenus. Dans son rapport annuel publié jeudi, l'organisation annonce un total de 2,5 millions de membres, contre 2,4 millions l'an passé. Greenpeace se flatte dès lors d'avoir pu inverser la tendance constatée depuis 1995: malgré un revenu financier positif, les «combattants de l'arc en ciel» voyaient leurs rangs se clairsemer. De nouveaux thèmes de campagne, comme la défense des anciennes forêts, ont permis de réactiver l'image d'un mouvement qui semblait s'essoufler.

Sur les 189 millions de francs dépensés, on constate que la part la plus importante est dévolue à la communication, une constante chez Greenpeace qui fonctionne comme une véritable agence de presse spécialisée dans l'environnement. La sauvegarde des océans, les produits toxiques et le climat, fers de lance traditionnels du mouvement, constituent des thèmes d'action privilégiés, alors que le combat contre les organismes génétiquement modifiés arrive en queue de peloton. Présente sur tous les fronts, Greenpeace? Pas si sûr. L'organisation s'est faite étrangement discrète pour relayer les informations sur une catastrophe écologique majeure l'an passé: le naufrage de l'Erika.

Empiétant sur le domaine de prédilection du mouvement, la sauvegarde des océans, ce sont des collectifs de citoyens en colère qui ont tenu le devant de la scène. Pour Pascal Braud, du Collectif citoyen anti-marées noires de Saint-Nazaire et du littoral, l'avantage de son association est une présence sur le terrain et le suivi quotidien de la situation de l'épave par des militants dévoués à une cause très particulière. De leur côté, les campagnes sur de vastes thèmes nationaux téléguidés par Greenpeace depuis Paris ont eu moins d'impact. Ainsi, si le succès de la multinationale de l'écologie ne se dément pas sur des thèmes qui rassemblent les habitants de la planète, les combats régionaux deviennent l'apanage des habitants concernés.

C'est dans cette stratégie que Thilo Bode, le président de Greenpeace international a annoncé le lancement d'un programme de promotion des technologies durables. Désormais, une unité de recherche basée au siège de l'organisation à Amsterdam sera chargée du développement et de la mise en valeur des technologies alternatives, telle que l'énergie solaire.