Les victimes humaines de la grippe aviaire se multiplient en Turquie. Durant la première semaine de janvier, neuf cas (dont deux mortels) avaient été recensés, principalement dans l'est de l'Anatolie. Lundi, les autorités d'Ankara en ont reconnu cinq nouveaux, dont quatre dans les provinces septentrionales de Samsun, Kastamonu et Corum, alors qu'une centaine de personnes attendent le résultat de tests à travers le pays. Chez les oiseaux, la maladie se répand aussi de plus en plus à l'ouest: des poulets infectés ont été retrouvés morts samedi à Küçükçekmece, une banlieue de la partie européenne d'Istanbul. Le virus a traversé le Bosphore.

Une étape a été franchie ces derniers jours. Jusqu'à la fin de l'année dernière, la maladie n'était passée de l'oiseau à l'homme qu'en Extrême-Orient pour y faire, de mai 1997 à décembre 2005, 76 morts. Après s'être déjà répandue chez l'oiseau, au cours du dernier semestre, à d'autres régions du monde, notamment l'Asie centrale, la Russie d'Europe et les Balkans (Roumanie et Croatie), elle a désormais débordé de son premier vivier chez l'homme également, pour sévir à l'autre bout de l'Asie.

L'équipe d'experts envoyée en Anatolie par l'Organisation mondiale de la santé et l'Union européenne a tenu lundi des propos rassurants en affirmant que «sur le plan de la santé humaine, la prise en charge de la crise (par Ankara) est bonne». Mais, preuve d'un regain d'inquiétude, Bruxelles a simultanément renforcé légèrement son dispositif de lutte contre la grippe aviaire, en interdisant dès ce mardi l'importation de plumes non traitées de six pays voisins de la Turquie. Une mesure qui va être prochainement «évaluée» par la Suisse.