Jeudi, Migros a officiellement annoncé qu'elle n'interdirait pas le port du voile de manière généralisée (LT du 18.11.2004). En clair, cette pratique est donc autorisée, mais chaque cas devra être apprécié de «manière individuelle en prenant en considération la situation particulière sur place», précise le communiqué. Chaque Coopérative pourra donc décider si elle autorise ou non ses employées musulmanes à porter le voile. Réaction de Guy Vibourel, directeur de Migros Genève.

Le Temps. Comment réagissez-vous à la décision de Migros d'autoriser le port du voile?

Guy Vibourel: Je conteste le fait qu'il s'agirait d'une autorisation. Nous n'avons reçu aucune directive nationale qui précise que Migros autorise ses employées musulmanes à porter le voile. Nous devrons régler les problèmes au cas par cas.

– Comment se présente la situation à Genève actuellement?

– A Genève, nous ne pratiquons aucune discrimination. Notre société est multiculturelle, puisque nous avons des employés de 80 origines différentes. Nous souhaitons travailler dans le respect de toutes les confessions et sensibilités, et éviter de heurter, de déplaire ou de provoquer tant nos collaborateurs que nos clients. Notre règlement d'entreprise précise que toutes les personnes qui travaillent au contact de la clientèle doivent porter une tenue de travail. Cet uniforme doit permettre d'identifier clairement nos collaborateurs vis-à-vis de nos clients et les positionner comme des représentants de l'entreprise. Nos employés ont l'obligation contractuelle de porter l'uniforme sans ajout ni signes ostensibles.

– Si une employée musulmane vous demande l'autorisation de porter le voile, comment réagirez-vous?

– A ce jour, cette situation ne s'est encore jamais présentée. Mais, si tel devait être le cas, je refuserais. Je rappellerais à l'employée qu'elle a pris l'engagement de porter un uniforme, et que cet engagement ne prévoit pas le port d'insignes particuliers. Le port du voile peut en effet entraîner des réactions négatives de la part des clients, qui risquent de porter préjudice aux employées.

– Et que faites-vous de la liberté religieuse?

– Nous n'interdisons pas aux employées de pratiquer leur religion. Le port du voile est soumis à différentes interprétations. Et tous les musulmans ne le considèrent pas comme une obligation religieuse.