L'étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS) sur les hôpitaux présente annuellement les types, les causes et les durées des hospitalisations en Suisse. Celle qui concerne l'année 2004 révèle un paradoxe: le nombre d'hospitalisations (1,2 million) a augmenté de 9% par rapport à 2003 alors que la durée moyenne du séjour à l'hôpital a diminué d'un jour pour s'établir à 11,4 jours. Ce dernier chiffre confirme la tendance à la diminution de la durée des séjours hospitaliers amorcée depuis 2000.

La statistique montre également des disparités plus ou moins évidentes entre les âges et les sexes. Au niveau des classes d'âge élevées, peu de surprises. La durée moyenne d'hospitalisation augmente de façon régulière à partir de 60 ans, les femmes de plus de 75 ans ayant été hospitalisées en moyenne 16,7 jours contre 14,3 pour les hommes de la même classe d'âge. Ceci peut s'expliquer, selon l'OFS, par le soutien fréquent d'un conjoint pour les hommes et l'importante solitude chez les femmes.

Disparités selon le sexe

Plus étonnant, on remarque une inversion de la situation chez les jeunes: toutes causes confondues, les hommes de 20 à 39 ans ont subi des hospitalisations plus longues, 12 jours en moyenne, que les femmes (8,5 jours en moyenne). Les jeunes hommes hospitalisés l'ont été dans 22% des cas à cause d'un accident ayant entraîné des blessures, et dans 18% des cas à cause de maladies psychiques, le séjour atteignant alors 35 jours en moyenne. Quant aux jeunes femmes, elles ont été hospitalisées dans la plupart des cas pour des causes relatives à la grossesse et l'accouchement. En faisant abstraction des hospitalisations liées à la maternité, la durée moyenne du séjour à l'hôpital des femmes de 20 à 39 ans se monte à 10,7 jours.

Concernant le lieu de l'hospitalisation, près de 15% en moyenne des cas traités dans les 200 hôpitaux de soins aigus que compte la Suisse étaient relatifs à des patients domiciliés dans d'autres cantons. L'hospitalisation extra-cantonale atteint des proportions élevées dans certains cantons, comme Schwyz, Bâle-Ville ou encore Obwald. Cette proportion est plus faible au Tessin et dans les cantons disposant d'un hôpital universitaire tels que Genève ou Vaud.