Tous les dix ans, Thierry Peitrequin lance un supplément TV. En 1986, il participait au projet Télétop Matin. En 1995, c'était TVGuide. Ce 6 janvier paraît TV Plus, dont il est le rédacteur en chef. Ce nouveau produit est la première création du groupe Hersant depuis qu'il a fait irruption sur le marché suisse romand en rachetant La Côte, en juillet 2001. TV Plus, édité en format tabloïd, sera encarté le vendredi dans le quotidien lémanique et le samedi dans L'Express et L'Impartial, les deux titres neuchâtelois du groupe français.

Pour cette première, Hersant n'a pas eu besoin de réinventer la roue. TV Plus offre ce que l'on peut attendre d'un programme TV: les grilles intégrales sur toute une semaine de 14 chaînes ainsi que des extraits d'une douzaine d'autres. Chaque jour, un texte développe le contenu d'une émission. Le tout est complété par deux zooms de deux pages en ouverture (l'actrice Astrid Veillon et le genre du documentaire animalier dans le numéro zéro) ainsi que par des rubriques santé, beauté, multimédia et automobile. Un contrat a été signé avec le magazine du Figaro, TV Mag, pour la reprise des grilles et des articles consacrés aux émissions françaises. Les quatre membres de la rédaction, basée dans les nouveaux locaux de La Côte, à Nyon, peuvent se consacrer aux produits suisses. Une matière que Thierry Peitrequin juge délaissée par les autres titres romands.

Prix de vente et droit de cession

Commercialement, l'aventure est plus intrigante. Le budget est de 1,5 million pour cette année de lancement. Les recettes ne dépasseront pas cette somme, selon le budget 2005. Mais le groupe est confiant en sa stratégie pour faire entrer de l'argent dans les caisses. Chacun des trois titres doit d'abord s'acquitter, auprès de la maison mère, d'une somme qui représente «un coût de cession» (32 centimes l'exemplaire). Le jour de publication, le prix des quotidiens sera majoré de 50 centimes en kiosque alors qu'il ne bougera pas pour les abonnés. TV Plus ne sera pas vendu séparément.

Deux éditions régionales

Mais la grande partie des rentrées financières, comme le veut l'économie de la presse, sera assurée par la publicité. Et c'est là où TV Plus innove: afin de ratisser aussi large que possible, un système a été imaginé pour combiner les campagnes de pub nationales avec celles des annonceurs locaux qui différeront entre Neuchâtel et Nyon. TV Plus aura donc plusieurs éditions, fait inédit pour un magazine télé romand. TV Plus sera tiré sur papier journal, le papier glacé sur lequel sont imprimés ses concurrents ayant été jugés trop cher. Jacques Richard, responsable des activités de Hersant en Suisse, n'est pas inquiet. «Nous offrons un univers de gratuité aux lecteurs, dit-il. Pour eux, TV Plus sera un service supplémentaire: gratuité, service et papier journal, ce sont les atouts de 20 Minutes, un grand succès de presse.»

Les trois quotidiens ont un lectorat combiné de 132 000 personnes. A lui seul, Télétop Matin, le plus consulté des trois hebdomadaires existant déjà, est fort de 527 000 lecteurs. Parmi eux, un certain nombre d'abonnés aux titres de Hersant. «Il faut sérier les problèmes, tempère Jacques Richard. A Neuchâtel, 50% de nos abonnés lisent également Le Matin dimanche. Si ce chiffre diminuait suite à notre lancement, cela ne nous dérangerait pas. Dans le district de Nyon et de Rolle, moins d'un abonné sur six est abonné à la Tribune de Genève ou à 24 heures, principalement pour le programme TV du samedi. Avec TV Plus, nous pourrons les satisfaire dès le vendredi.»