Mon premier est un préfixe signifiant une maximisation; mon second rappelle un adjectif des années 1960, genre «super!» […]; mon tout est une figure offrant un surprenant ajout; ainsi faisions-nous charade vendredi passé. Maximiser, c’est passer en mode «hyper»; et l’adjectif complètement oublié est «bath», prononcé à la française. Nous débouchons sur l’hyperbate, un procédé langagier qui consiste à ajouter un syntagme, un élément simple, à une phrase qui semblait pourtant se terminer.

Cette brève semaine est dédiée aux figures de style, aux techniques de la langue parlée ou écrite. A cette rhétorique que l’on pratique sans même le savoir. L’hyperbate y figure en bonne place. ­Celle-ci «garde quelque chose de la spontanéité du style oral», juge l’Universalis. Laquelle cite comme exemple cette tirade de l’Horace de Corneille: «Albe le veut, et Rome». Ou, de Laforgue: «Il était beau, hein, Narcisse? et distingué!» Dans les deux cas, la sentence est complétée par un bonus ayant pu y figurer de plein droit. L’expression opère alors par permutation, et dans ce registre, l’encyclopédie cite d’autres modes de maniement de la langue assimilables à notre hyperbate, «selon les grammairiens antiques»: l’anastrophe, l’épiphrase ou la tmèse. Un festival!

Notre hyperbate traduit le fait que l’on n’en a jamais assez dit, et que toute affirmation amène son complément, voire sa contradiction selon un certain point de vue. Le Littré la décrit comme la tournure des passions. A ce titre, pour la qualifier avec notre adjectif délicieusement pattes d’eph’, ou époque «Salut les copains», elle reste… bath.

Et pour demain? Charade! Mon premier est un piège ensorcelant les volatiles; mon second, le quartier des plus assidus; et mon tout, une élision ordinaire…