Que faire si on invite à un dîner mondain par e-mail sans préciser l’heure et que la confirmation n’arrive jamais par la poste? Est-ce impoli de demander si ça tient toujours? Faut-il mieux laisser tomber? Et de toute façon, n’est-ce pas également impoli d’inviter par e-mail? Valérie

Chère Valérie,Pour l’usage de ce nouveau média qu’est le courriel, les manuels, même les plus récents, sont partagés.

Certains n’envisagent même pas qu’on puisse l’utiliser pour une invitation, et ne mentionnent que le téléphone (en précisant parfois encore qu’il est réservé aux dîners entre amis) ou bien entendu le carton, au minimum 3 semaines à l’avance.

D’autres concèdent qu’aujourd’hui, c’est un moyen bien pratique même pour «des événements privés», mais n’évoquent pas explicitement l’invitation à dîner. Je rappelle que ces mêmes manuels prohibaient avant-guerre, dans les mêmes circonstances, l’usage du téléphone qu’ils prônent aujourd’hui. C’est que, dans tous les codes, l’usage précède la règle, laquelle intervient plus tard pour l’entériner ou le condamner.

Alors que vous dire? Je crois qu’ici, une fois encore, c’est une question de circonstances. S’il s’agit d’amis, de personnes relativement proches, le courriel peut très bien convenir. C’est pratique et rapide, et permet de confronter au plus vite les diverses disponibilités de chacun.

A ce propos, rappelons qu’il faut toujours proposer plusieurs dates si l’on souhaite réunir plus de six personnes. Dans notre monde suroccupé, c’est parfois un vrai casse-tête, et, dernièrement, j’ai été invitée à un dîner où l’hôtesse a dû recourir au site doodle (qui propose une grille pré-établie où chacun inscrit ses possibilités) pour trouver une date qui convienne à tous. Personne n’a trouvé cela impoli, au contraire, c’était amusant et surtout efficace.

Mais s’il s’était agi d’une invitation plus formelle ou avec des gens plus âgés (que l’usage du courriel rebute encore, par exemple), je pense qu’elle aurait eu recours à des moyens plus traditionnels, téléphone, puis confirmation par écrit.

Quel que soit le média employé, il faut toujours confirmer date et heure, et rappeler 48h avant.

Dans votre exemple, ce qui pose surtout un problème, c’est justement l’absence de confirmation. J’imagine que vous aviez répondu au premier courriel par l’affirmative. Donc cela vous donne parfaitement le droit de reprendre contact, par e-mail ou par téléphone. Votre alibi, c’est l’absence de précision de l’heure. Vous jouez la naïveté en considérant que l’invitation tient, puisqu’on ne vous a pas dit le contraire: «Pouvez-vous me préciser l’heure du dîner du tant, auquel je me réjouis de me rendre?»

Si on vous a oubliée, vous ou l’invitation en général, j’imagine la panique. Mais ce n’est pas votre problème. C’est à eux (qui ont commis la faute de ne pas donner suite à leur premier courriel) de se débrouiller, soit en ajoutant un couvert en vitesse, soit en répondant que, malheureusement, ils ont dû remettre ce dîner à plus tard, etc.

Au moins comme cela, vous saurez à quoi vous en tenir, surtout si ce «plus tard» ne vient jamais…

Que faire si on vous invite à un dîner mondain par e-mail sans préciser l’heure et que la confirmation n’arrive jamais par la poste? Est-ce impoli de demander si ça tient toujours? Faut-il mieux laisser tomber? Et de toute façon, n’est-ce pas également impoli d’inviter par e-mail?

Valérie