Son ordinateur a pris ombrage au moment même de notre rencontre Zoom. Ecran noir. Un petit comble pour Isabelle Collet, qui prend le parti d’en rire, comme souvent. Depuis le mois d’octobre, elle dispense ses cours dans son bureau, et lorsqu’elle s’ennuie, elle attrape des Lego Architecture. La Skyline de San Francisco est déjà érigée, c’est la statue de la Liberté qui attend maintenant la touche finale.

Informaticienne scientifique de formation et professeure en sciences de l’éducation à l’Unige, Isabelle Collet est autrice de plusieurs ouvrages sur l’éducation sous le prisme du genre, et plus particulièrement dans le domaine des sciences et techniques. En 2006, elle publie L’informatique a-t-elle un sexe? chez L’Harmattan – qui lui vaut le Prix de l’Académie des sciences morales et politiques de Paris – et, en 2019, l’ouvrage remarqué Les Oubliées du numérique (Ed. Le Passeur), avant d’être nommée membre d’honneur de la Société informatique de France (SIF). Elle débattra le 8 mars, dans le cadre du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) au sujet d’une question terriblement actuelle: «Les algorithmes sont-ils sexistes?» Entretien avec une passionnée à l’enthousiasme communicatif, qui n’a pas fini de traquer les inégalités tapies sous les claviers.