Chose promise, chose due. Olivier Véran, ministre français de la Santé, a annoncé ce jeudi l’extension de la gratuité de la contraception jusqu’à 25 ans. Une petite révolution: celle-ci était jusqu’ici réservée aux mineures.

En Suisse aussi, la question fait des remous et les motions en ce sens se succèdent, sans succès. Est-ce le rôle de l’Etat? La contraception relève-t-elle de l’intime ou du politique? Pourquoi? Le Temps a sondé Jacqueline Fellay Jordan, coprésidente de Santé sexuelle Suisse à Berne.

«Toutes les contraceptions féminines jusqu’à 25 ans seront prises en charge par l’assurance maladie, sans distinction», a annoncé Olivier Véran cette semaine. Quel regard portez-vous sur la décision française?

Jacqueline Fellay Jordan: Clairvoyant! C’est exactement le premier pas qui serait souhaitable en Suisse. Avec une nuance: quand on parle de remboursement, il s’agirait d’inclure les prestations qui vont avec – c’est-à-dire la consultation médicale, pas seulement le coût de la plaquette. Le critère de l’âge, ensuite, me semble être le bon en matière d’égalité – à défaut de rendre la contraception gratuite tout au long de la vie. Quelle que soit l’identité de genre ou le parcours de vie et de santé, c’est un critère juste car il est basé uniquement sur le besoin de la population.