«C'est la première fois que je participe aux JMJ. Pour moi, c'est une question de foi, une démarche ecclésiale. Je suis devenue croyante il y a environ trois ans, juste avant de commencer mes études en théologie. J'ai envie de témoigner, de dire au monde que le Christ est présent et qu'il nous aime. J'ai toujours senti cette présence de Dieu en moi, mais je n'arrivais pas à l'exprimer. Mes parents sont protestants, ils ne m'ont pas baptisée pour me laisser le choix. Maintenant, je suis le catéchuménat et je recevrai prochainement le baptême dans la foi catholique. J'ai toujours senti que le catholicisme était la religion qui pouvait répondre le mieux à mes aspirations.

» Jean Paul II représente pour moi le successeur de Pierre et le Christ sur terre. Je ne conçois pas une Eglise sans chef spirituel. J'ai l'impression qu'on comprend mal Jean Paul II sur les questions de morale. Le pape fait référence aux Ecritures, il suit un maître, le Christ, qui propose un témoignage exigeant. J'ai le sentiment qu'il faut vivre ce témoignage à fond, et que le monde en a besoin. Le pape dit que les jeunes ne doivent pas avoir peur d'être les saints du nouveau millénaire. C'est très important. Mais, à l'heure actuelle, il est difficile d'être toujours d'accord avec l'Eglise. Pourtant, c'est ce qui lui permet de corriger parfois son chemin. Sur la question de l'homosexualité et de la contraception, je pense qu'il faut se montrer ouvert, et ne pas condamner. Le Christ n'est d'ailleurs pas venu pour juger. J'ai des amis homosexuels, et ça ne me dérange pas. Certains d'entre eux sont très croyants.

» En ce qui concerne la position des femmes au sein l'Eglise, il faut être conscient que cette dernière est la gardienne de l'Evangile et de la tradition. Elle ne peut décider soudainement d'ordonner des femmes. Je trouve pourtant que le rôle des femmes dans l'Eglise catholique est tout aussi honorable que celui des hommes. Il suffit de penser à l'importance de la Vierge Marie. Devenir mère, par exemple, c'est aussi un sacerdoce.

» Je suis contre l'avortement, parce que la vie est un don de Dieu. Mais c'est une question épineuse. C'est à la personne concernée de juger en conscience. Dieu s'est fait chair, il connaît nos souffrances. L'Eglise manque-

t-elle parfois de charité, notamment lorsqu'elle refuse la communion aux divorcés remariés? Je ne pense pas, car c'est une Eglise qui est capable de demander pardon pour ses fautes passées. Cela dit, je comprends la souffrance des divorcés remariés. Moi-même, je ne peux communier car je ne suis pas encore baptisée. Je ressens cela comme une véritable torture.»

Propos recueillis par P. Br.