Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Jean-Claude Biver (à gauche) et Pierre Keller (à droite), à la cérémonie de remise des insignes du commandeur de l'Ordre des vins vaudois.  
© Emilie Muller

Boire et manger

Jean-Claude Biver, pour l’amour du vin

Le président de Hublot a été officiellement nommé commandeur de l’Ordre des vins vaudois vendredi 22 décembre à Lutry. Une mission d’ambassadeur taillée sur mesure pour ce passionné de grands crus

Le vin, le football, le show-biz: Jean-Claude Biver a depuis longtemps aussi investi son énergie dans d’autres secteurs que celui de l’horlogerie, avec un flair imparable. Pour ce petit-fils de vigneron beaujolais, les cépages détiennent plusieurs points communs avec les mécaniques de précision. Des mains de Pierre Keller, son ami de toujours, le président de Hublot et du pôle horloger LVMH a reçu vendredi 22 décembre les insignes de commandeur des vins vaudois. Une «médaille du cœur» pour cet ambassadeur hors norme.

Sur les hauteurs du Domaine du Daley, à Lutry, l’homme de 68 ans assume sa nouvelle charge avec bonhomie. «J’ai désormais une responsabilité de promotion, sourit-il, un verre de pinot noir à la main. Faire rayonner les vins vaudois à l’étranger mais aussi en Suisse. On l’oublie souvent, mais le travail commence ici des deux côtés de la Sarine.» A sa boutonnière, une petite grappe de raisin métallisée. Face au Lavaux, sa «deuxième maison», où il rêve d’une «cuvée trois soleils», il évoque l’avenir: «Il y a tant à faire dans ce lieu. Alors que j’aborde la fin de ma vie, c’est un honneur d’être associé à ce qui commence.»

Attachement de catholique

Quelle relation entretient-il avec la boisson des dieux? «Je nourris un attachement de catholique avec le vin, sourit-il. A mes yeux, il est lié à la célébration, à la communion. Le vin, c’est avant tout un partage, une émotion. Comme un rituel qui rythme les étapes de la vie, un baptême, un mariage, des retrouvailles.» Entre les grands crus et les montres, l’entrepreneur à succès né au Luxembourg distingue une infinité de ponts. «Il y a bien sûr la dimension de tradition, de culture, d’art qui enveloppe l’un et l’autre, mais aussi une sensibilité, un amour des belles choses.»

Le costume d’ambassadeur semble en réalité taillé pour Jean-Claude Biver. En 2012, déjà, il déclarait dans nos colonnes: «Je plante le drapeau du chasselas et du gruyère dans toutes les capitales de la planète, ce que faisait Swissair par le passé.» Le partenariat qu’il a conclu en 2014 entre la marque Hublot et l’Office des vins vaudois a ouvert une nouvelle brèche. Grâce à cette alliance sacrée entre luxe et terroir, les chasselas du Lavaux voyagent jusque dans les boutiques feutrées de New York, Tokyo ou Saint-Pétersbourg. Lui-même cultive quelques vignes sur son domaine de La Tour-de-Peilz pour sa consommation personnelle et possède une impressionnante collection de Château d’Yquem entamée dès la fin des années 1960. Pas question toutefois de professionnaliser sa passion: «Mon travail, notamment chez Zenith, occupe tout mon temps.»

Homme terre à terre

Les hôteliers Jean-Jacques Gauer et Toni Mittermair, le cuisinier Andy Zaugg ou encore le chef japonais Masashi Suzuki: l’Office des vins vaudois a couronné plusieurs personnalités cette année. Qu’est-ce que Jean-Claude Biver a de particulier? «Notre amitié est unique, fidèle depuis trente ans, avance Pierre Keller. Lorsqu’on s’est connus, tout le monde le critiquait. Je me suis dit que ce devait certainement être quelqu’un de bien.» L’ancien directeur de l’ECAL évoque encore des valeurs communes: «La créativité, l’enthousiasme et, surtout, le culot de se dire que rien n’est impossible.»

La «méthode Biver», longuement éprouvée pour relancer les marques horlogères en difficulté, réussira-t-elle à offrir aux grands crus vaudois une notoriété internationale? Pierre Keller en est persuadé. «Derrière l’entrepreneur à succès, l’infatigable conférencier, il y a aussi cet homme terre à terre, accessible qui sait parler aux gens et partager ses passions.»

Qu’en pense l’intéressé? Est-il plus difficile de vendre des montres que des vins? «Les deux s’adressent au fond à la même clientèle, estime Jean-Claude Biver. Ils sont le produit de savoir-faire traditionnels qui en font des objets exclusifs, d’exception. Qui admire le mouvement El Primero ou l’Unico savoure le chasselas.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo société

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

Les Vietnamiens sont friands de serpents. On y voit l'influence de la tradition chinoise. Mais la pratique choque, y compris dans les villes du pays

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

n/a