«Une page qui se tourne», «un nouveau chapitre». Dans nos vies dont nous sommes constamment amenés à faire le récit, de quelles narrations collectives et individuelles sommes-nous les protagonistes? Johann Chapoutot, historien, publie cette année Le Grand Récit* un ouvrage qui décrypte et invite à se méfier des histoires. Celles qu’on se raconte – et celles qu’on nous raconte.

Du providentialisme religieux, qui explique la marche du monde par le gouvernement de Dieu sur la création, aux populismes contemporains, en passant par les fascismes du XXe siècle, l’historien fait le tour de nos grands récits, égratignant au passage les «isthmes» contemporains, orthographiés comme tels à dessein, du complotisme à l’illimitisme.

Le Temps:
Qu’est-ce qu’un «grand récit» et pourquoi en a-t-on, en tant qu’espèce humaine, besoin?