«Les journalistes nous demandent: que faites-vous au lit? Je leur réponds, on essaie d'avoir la paix.» C'est ainsi que John Lennon décrit son séjour à Amsterdam, dans sa «Ballade de John & Yoko». A vrai dire, les deux époux n'ont rien vu de la capitale néerlandaise. En ce mois de mars 1969, le Beatle et sa nouvelle épouse – ils se sont mariés quelques jours plus tôt à Gibraltar – militent contre la guerre du Vietnam.

Le 25 mars, Lennon et Ono investissent la suite 902 du Hilton d'Amsterdam. Ils passent un pyjama rayé, collent des slogans aux fenêtres («Laissez pousser vos cheveux») et voient défiler la presse à leur chevet: «Pour une raison que j'ignore, les journalistes impriment mes paroles. Alors je leur dis: paix.» John Lennon et Yoko Ono viennent d'inventer une nouvelle forme de protestation, le «bed-in».

Trente ans plus tard, le Hilton et la veuve de l'artiste commémorent l'événement, dans un savant mélange de bonnes paroles – «propager le message de paix de l'artiste» – et de recherche de profits. Cent trente lithographies de Lennon sont à vendre, entre 1100 et 17 600 florins. Certaines sont tirées de la série «Bag One», que John avait réalisée en guise de cadeau de mariage: des dessins des époux montrent le couple faisant l'amour, ou les fesses de Yoko…

La suite 902, au septième étage, a été rénovée «dans l'esprit de l'époque», indique Roberto Payer, directeur de l'établissement. Le grand lit est placé devant la fenêtre, les rideaux sont imprimés de dessins, un disque vinyle encadré aux murs. Le plafond représente un ciel de nuages. La note, elle, est salée: 1950 florins la nuit, soit près de 1400 francs.