Décret présidentiel

Johnny, vedette du concert du 14 juillet

Le chanteur aurait été choisi par le président de la République Nicolas Sarkozy, qu’il a soutenu pendant sa campagne, affirme le site du Point. Le cachet, élevé, pourrait ranimer la discussion sur le forfait fiscal dont bénéficie Johnny Hallyday à Gstaad.

Johnny Hallyday sera la tête d’affiche du concert gratuit organisé par la présidence de la République française pour la fête nationale du 14 juillet, affirme le site du magazine Le Point. Nicolas Sarkozy lui-même aurait choisi le chanteur, qui l’a soutenu pendant la campagne présidentielle en 2006 et avec qui il entretient des rapports d’amitié.

Le coût de la manifestation est budgété à 1 million d’euros, dont la moitié serait versée au chanteur comme cachet, croit savoir Le Point. La somme est sensiblement supérieure à celle reçue par Michel Polnareff pour la même prestation il y a deux ans (315 000 euros), et aussi au prix moyen facturé par Johnny au cours de sa tournée (200 000 euros).

Le magazine s’interroge sur ce «décret» présidentiel, qui risque de relancer la polémique autour des impôts de Johnny, fiscalement domicilié à Gstaad (commune de Saanen) depuis 2006. Interviewé par Le Matin au début de ce mois, le rocker a déclaré qu’il verse «autour des 900 000 francs suisses» au titre du forfait fiscal dont peuvent bénéficier des riches étrangers sans activité lucrative en Suisse. «Je n’ai rien volé à personne en me soumettant à un régime existant», ajoutait-il.

Ce régime est actuellement remis en question depuis que le canton de Zurich a pris la décision de le supprimer. Il est surtout pratiqué dans les cantons de Vaud, du Valais et à Gstaad. Dans la commune de Saanen, on craint que si un vote similaire à celui de Zurich devait avoir lieu dans le canton de Berne, les intérêts touristiques de l’Oberland bernois seraient minorisés.

Les critiques du forfait fiscal estiment que celui-ci a été détourné de son but initial, qui était de permettre l’accueil d’étrangers retraités. Le fait que des hommes d’affaires actifs comme le milliardaire russe Viktor Vekselberg (résidant à Zurich) ou le chanteur français en bénéficient est souvent cité comme manifestation de ce détournement.

La règle voudrait que la personne bénéficiant du forfait fiscal passe au moins six mois par année dans la commune suisse de résidence. C’est ce qu’avait annoncé Johnny en 2006, mais manifestement, ce n’est pas le cas. Interrogé par Le Temps, le président de la commune avait reconnu que les autorités locales n’ont ni les moyens, ni la volonté d’exercer des contrôles de type policier sur la présence de cette clientèle aisée qui donne du travail aux entreprises de construction et commerces locaux.

Pour respecter l’obligation de non-activité professionnelle sur territoire helvétique, Tina Turner, autre bénéficiaire du forfait fiscal, ou Johnny Hallyday ne peuvent donner de concerts en Suisse, sauf si la recette est versée à une œuvre de bienfaisance. En mars, Johnny déclarait au Matin: «Je suis en Suisse, mon chez-moi, quand je ne travaille pas. Or je travaille beaucoup». Il ajoutait plus loin: «Va pour Gstaad, à condition que je ne fasse plus rien. Là-bas au moins, on me fout la paix».

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