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«Elisabeth se déguise en secrétaire, infirmière, écolière et même en… lapin pour m’exciter. J’adore!»
© Kim Roselier Pour Le Temps

Sexualité

Jonathan, 20 ans, le sexe joyeux et décomplexé

On l’attendait timoré sur le sujet, il s’est révélé plus que décontracté. Ce futur étudiant en biologie aime la bagatelle autant que les copains. Et raffole des jeux coquins

L’an dernier, cinq femmes de 17 à 67 ans nous confiaient ce qui les excitait et les éteignait sexuellement. Du 20 au 24 août, «Le Temps» s’est cette fois intéressé à cinq hommes hétérosexuels sur le même sujet. Ils ont entre 20 et 80 ans, habitent en Suisse et racontent leur intimité, – le feu, la foudre, le flop –, sans se dérober. 

Il est grand Jonathan. 1 mètre 98 de décontraction souriante. Mais ce Genevois de 20 ans est aussi grand dans sa manière de parler de sexualité. Sodomie, porno, amour à trois ou simplement sa première fois: ce futur étudiant en biologie qui vient de terminer son service civil évoque son intimité comme s’il parlait de ses acteurs préférés. Sans le moindre trouble, ni la moindre difficulté. Jonathan est-il un cas? «Non, assure-t-il. Aujourd’hui, les jeunes échangent librement sur ce sujet.» On pensait aller pêcher une parole enfouie, on a recueilli un verbe plus que jaillissant. Un enseignement.

Son père travaille dans la boulangerie, sa mère est secrétaire. A la maison, la sexualité n’est pas un tabou. A 12 ans, Jonathan a annoncé son premier baiser à la table familiale et a réédité le procédé lorsqu’il a fait l’amour pour la première fois, deux ans plus tard. Pourquoi? «Parce que j’étais fier d’avoir franchi un palier», répond le jeune homme, qui agit de même avec son milieu social. «J’ai un pote proche à qui je raconte tous les détails sexuels. Plus largement, en groupe, on parle plaisir, expériences, fidélité…»

Premiers frémissements à 10 ans

Le jeune homme a commencé à penser au sexe à 10 ans. Un ami lui a montré des photos porno, ça ne l’a pas trop branché. «Par contre, vers 12 ans, un autre ami m’a expliqué comment me masturber. Je n’en avais jamais entendu parler, j’ai essayé, ça m’a fait tilt!» A partir de 13 ans, l’ado regarde des vidéos porno pour activer son plaisir. «Je m’enfermais dans les toilettes et, comme chez nous, d’ordinaire, on ne met pas le verrou, je pense que mes parents ont compris, tout en restant discrets.»

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Jonathan adore jouer basket ou faire la fête. Tout autant, il aime le sexe. «Le premier baiser, c’était déjà quelque chose, alors coucher…!» Quand on lui demande de chiffrer ce plaisir sur une échelle de 1 à 10, il donne un 9 sans hésiter. «Et dans le sexe, j’aime d’abord la pénétration, puis la fellation et après, les caresses et les grattouilles. J’aime bien me faire cajoler.»

Le coup du film d’horreur

Quatorze ans, c’est jeune pour une première fois, non? «Oui, la moyenne de mes potes se situe plutôt vers 17-18 ans, mais pour moi c’était naturel. Je sortais avec ma petite amie depuis sept mois et j’attendais ce moment avec impatience.» Comment l’a-t-il approchée, cette première petite amie, qui s’appelait Clara? «Je l’ai repérée dans un groupe de potes. Comme je suis très timide, j’ai profité du fait qu’on regarde un film d’horreur à plusieurs et que tout le monde ait peur pour passer une main derrière ses épaules. Elle était OK. On s’est revus un peu après, je l’ai embrassée et c’était fait!»

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Coucher a été un peu moins évident. «C’était aussi la première fois pour Clara. Elle avait peur d’avoir mal. Ça s’est passé chez moi. On s’est caressés, j’ai mis une capote et je suis entré en elle doucement. C’était une sensation tellement géniale que j’ai joui très vite. Trop vite. Mais ça nous a fait plaisir à tous les deux, ça nous a rapprochés.» Quand on lui demande s’il était amoureux, Jonathan répond que oui et relève «le visage très chou» de Clara, «son intelligence et la qualité de ses baisers». Mais la jeune fille n’était pas assez aventureuse à ses yeux. «On se limitait à la position du missionnaire et elle n’aimait pas trop les fellations.» Après une année et demie, Clara rompt. «C’était mon premier chagrin d’amour. Dur, dur.»

Le premier baiser, c’était déjà quelque chose, alors coucher…!

Jonathan, 20 ans

Avec les sentiments, c’est bien plus fort

Enchaîner n’a pas été facile. «J’ai essayé de parler à des filles en soirée.» Heureusement, Virginie, la fille d’anciens amis de la famille, est revenue de l’étranger. «Je n’en revenais pas qu’elle m’embrasse, car je la considérais comme très supérieure à moi. Le sexe avec elle était génial. Elle était très confiante, très ouverte. Elle aimait les fellations. Ou se mettre au-dessus de moi, ce qui me rendait et me rend toujours fou de joie.» L’amour physique, c’est mieux quand il y a des sentiments? «C’est clair, c’est bien plus fort! Avec Virginie, on se promenait, on faisait du vélo, on parlait beaucoup. On s’est aussi pris en photo pour s’envoyer des sextos quand elle était à l’étranger. Parfois on a pratiqué du sexe à distance par Skype. On avait 17 ans, je me voyais parti pour la vie!» Malheureusement, la jeune fille se lasse et quitte Jonathan. Elle reste son plus grand amour.

Elisabeth, la coquine

Clara, Virginie… Depuis août dernier, le futur étudiant en biologie sort avec Elisabeth, étudiante en psychologie de 20 ans, qui n’avait jamais connu une grande relation avant lui. «Je l’ai instruite, elle y a pris goût très vite! Elle aime bien les bisous dans le cou et le sexe oral. Elle se déguise en secrétaire, infirmière, écolière et même en… lapin pour m’exciter. J’adore!» Jonathan ne dirait pas non à une expérience à trois, «avec deux filles bien sûr!». Il se déclare fidèle, jaloux et assure qu’il a toujours besoin du consentement des filles avant de se lancer. Le porno? Il en a regardé une fois avec sa copine actuelle, mais n’a pas trouvé ça «cool».

Tinder, oui, mais sans succès

Qu’en est-il de la drague en ligne? «Une fois, après quatre, cinq mois de désert, j’étais en manque, alors je suis allé sur Tinder et j’ai accepté toutes les propositions. J’ai rencontré quatre jeunes femmes, mais sans grand succès.»

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Enfin, Jonathan a-t-il déjà eu une expérience homosexuelle? «Lors d’un jeu action et vérité, j’ai embrassé un copain homo. J’étais curieux, mais ça ne m’a rien fait. Je suis sûr d’être vraiment hétéro.» Un hétéro, jeune et décontracté, qui a le sexe joyeux et décomplexé.

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