L’accusé Josef Fritzl s’était jusqu’à présent seulement reconnu coupable des chefs d’accusation de viols, inceste, séquestration et menaces aggravées, récusant ceux de meurtre - passible de la prison à vie, la peine la plus lourde encourue par Fritzl - et d’esclavage.

«Je reconnais être coupable de tous les chefs d’accusation inscrits dans l’acte d’accusation», a-t-il déclaré au début du troisième jour de son procès.

La présidente Andrea Humer lui a demandé ce qui l’a poussé à changer radicalement de position. «Le témoignage filmé de ma fille», a-t-il laconiquement répondu avant de répéter: «je reconnais être coupable, je regrette».

La veille et lundi, le tribunal avait visionné les onze heures du témoignage vidéo bouleversant de sa fille Elisabeth.

Dans l’acte d’accusation, le procureur Christiane Burkheiser impute à Fritzl la responsabilité de la mort en 1996, dans la cave-cachot de la demeure familiale à Amstetten, à 130 km à l’ouest de Vienne, deux jours après sa naissance, d’un nourrisson auquel il avait, selon sa fille, refusé des soins extérieurs.

Le changement de stratégie de l’accusé pourrait avoir pour conséquence de raccourcir les débats, la présentation des rapports des différents experts, à l’exception de celui de l’experte psychiatre, Adelheid Kastner, n’étant peut-être plus vraiment utile. Le verdict était en principe prévu pour jeudi après-midi.

Selon le quotidien autrichien Kurier mercredi, Elisabeth a assisté mardi à une partie du procès. La victime, âgée de 42 ans, n’a pas pris part aux débats mais aurait suivi la projection de sa propre déposition dans le prétoire.

Kurier avance qu’Elisabeth souhaitait «collecter des impressions» et observer les réactions de son père pour les intégrer à un livre qu’elle projette d’écrire sur son calvaire.