«Je ne suis pas un monstre», clame haut et fort Josef Fritzl, l'Autrichien de 73 ans qui séquestra et viola sa fille dans la cave de sa maison d'Amstetten pendant vingt-quatre ans, lui faisant sept enfants.

S'exprimant par le biais de son avocat Rudolf Mayer dans les colonnes du quotidien autrichien Österreich, Josef Fritzl a été entendu hier par la juge d'instruction en charge de l'affaire, Christine Burkheiser, et s'est dit «prêt à coopérer» avec la justice pour faire toute la lumière sur les faits qui lui sont reprochés: séquestration, inceste par viols répétés et homicide par négligence pour avoir provoqué le décès d'un nourrisson de trois jours dans la cave en 1996, faute de soins appropriés.

Josef Fritzl maintenait enfermés dans un cachot souterrain trois de ces sept enfants: Kerstin, 19 ans, Stefan, 18 ans, et le petit Felix, 5 ans. Enfermés avec leur mère Elizabeth, âgée aujourd'hui de 42 ans, ils n'avaient jamais vu la lumière du jour, avant l'arrivée des secours le 26 avril.

Mais, à la surprise générale, il s'est défendu de tout mauvais traitement, en affirmant qu'il aurait pu «tous les tuer, et il ne se serait rien passé, et on n'en aurait jamais rien su». L'affaire avait éclaté au grand jour à la suite de l'hospitalisation, le 19 avril, de Kerstin pour graves troubles respiratoires. Sans se décontenancer, le prévenu certifie que «sans lui, Kerstin ne serait plus en vie». Josef Fritzl sera entendu à nouveau dans deux semaines, le Parquet attendant de recevoir le rapport complet des enquêteurs, qui fouillent toujours la maison du 40 Ybbsstrasse et son terrifiant labyrinthe souterrain.