Est-ce l'effet de la haute conjoncture? Il règne un climat fébrile autour des montres exceptionnelles. Il s'est traduit hier par une véritable bataille entre cinq ou six enchérisseurs dans la salle, chez Sotheby's, autour d'une très rare montre-bracelet Breguet avec calendrier perpétuel et phases de lune, réalisée vers 1935. Une pièce provenant de la famille de son premier propriétaire, d'autant plus intéressante qu'on ne l'avait encore jamais vue sur le marché. Or un acquéreur privé l'a arrachée, en définitive, pour la somme rondelette de 764800 francs alors que l'estimation de départ oscillait entre 150000 et 250000 francs. Succès comparable pour la Patek Philippe de 1973, en or blanc, automatique, également pourvue d'un calendrier perpétuel, estimée entre 200000 et 300000, partie à 408000 francs.

Réduite en quantité, la vente horlogère de Sotheby's, dépassant la prévision la plus élevée (4 millions), a atteint 5,39 millions de francs. Elle proposait plusieurs montres «vintage» et d'une grande rareté, autour desquelles, actuellement, la compétition fait rage. «Les pièces «fraîches» sont de plus en plus difficiles à découvrir», rappelle Alexandre Barter, spécialiste chez Sotheby's. Les maisons de ventes prospectent intensivement et les acheteurs se tiennent sur le qui-vive.

Cependant, les prix très élevés atteints aujourd'hui ont de quoi inciter à vendre. Depuis septembre 2001, ils n'ont cessé de grimper graduellement. A côté des collectionneurs traditionnels, on voit surgir de nouveaux venus prêts à enchérir très haut, tout de suite.

Le paysage change et, même si le bassin des montres est réduit, les manufactures continuent de produire des pièces de collection. Et les montres récentes se vendent bien aussi. Le marché, selon Alexandre Barter, a de beaux jours devant lui.