Attention les ego. En faisant entrer un tel engin dans les cuisines, il importait d’abord de ménager la susceptibilité des usagers. D’où son nom de KitchenAid – qui est désormais une marque, un programme en soi, un mythe – et la philosophie qui est détaillée dans son manuel. KitchenAid décrit ses robots comme «une extension – et non un substitut – de la main du cuisinier»… Deuxième souci, corollaire du premier, l’encombrement du KitchenAid est proportionnel aux services qu’il rend. Colossal. Il faut dire qu’il fait tout, au risque de réduire la main qui l’actionne au rang de petite main. Il est né du côté de Springfield, dans l’Ohio, en 1914, grâce à un ingénieur nommé Herbert Johnson, un bon gars soucieux d’alléger le quotidien de son boulanger. D’abord destiné aux professionnels, son premier-né, H Hobart, déboule un peu plus tard chez les ménagères américaines. Décliné en H5, G, A, Kaidette, K54 ou K45, le pétrin des débuts est successivement augmenté de presse-agrumes, hachoir, tranchoir, râpe, blender, mixeur et on en passe, et fait de chaque «housewife» américaine une Bree van de Kamp en puissance. Aurait-il inspiré à Boris Vian sa complainte du progrès? Son design, ses tons kitsch – framboise, bleu électrique, macadamia, inspirés par l’Alice de Tim Burton – contribuent à tricoter le mythe.

www.kitchenaid.fr. De 850 à 1950 fr. environ, selon les accessoires.