L'abbé Pierre, une des personnalités les plus populaires de France, fête ce 1er février les 50 ans de l'appel à la solidarité qu'il lança en 1954, à la suite du décès de plusieurs personnes que le froid avait tuées dans la rue. Dimanche, le mouvement Emmaüs, qu'il a fondé en 1949, renouvellera cet appel depuis le Musée de l'homme à Paris. Le 1er février, c'est aussi le premier épisode d'une série de quatre Grands entretiens avec l'abbé Pierre, menés par Jean-Philippe Rapp sur TSR2 à 18 h 40 chaque dimanche. Dans ces entretiens, le célèbre abbé, de son vrai nom Henri Grouès, raconte les principales étapes qui ont jalonné sa vie et les rapports amicaux qu'il entretient avec Dieu. A 92 ans, sa pensée n'a rien perdu de sa vivacité, et c'est un régal de l'écouter.

Fils d'une famille aisée, cinquième de huit enfants, il renonce par acte notarié à sa part du patrimoine et entre chez les capucins. Dans le premier épisode, il évoque la vie monacale et le chemin qui l'a conduit à entrer dans la Résistance en 1942. Arrestation, évasion, départ vers Alger, rencontre avec le général de Gaulle: des années mouvementées, pendant lesquelles sa générosité et sa volonté se révèlent au grand jour. Après la guerre, il s'engage dans la vie publique et devient député de Meurthe-et-Moselle.

Son action sociale et politique constitue le thème des deuxième et troisième épisodes. Dès 1949, il entreprend la construction de logements pour familles sans-abri, souvent dans l'illégalité. Ce sont les débuts d'Emmaüs. En 1954, un terrible hiver sévit en France. Il lance l'appel à l'«insurrection de la bonté» sur les ondes de RTL, qui portera ses fruits puisque le parlement débloquera des crédits pour construire des milliers de logements pour les plus défavorisés.

L'abbé Pierre est en quelque sorte la preuve que la foi peut déplacer les montagnes. Après une vie riche en événements, il attend sereinement la mort. «Mourir, c'est la rencontre longtemps retardée avec un ami», dit-il dans le quatrième et dernier épisode.