Le mot n’a rien à voir avec les lampions du 1er Août. Il signifie dispute, démêlé. «Wotsch Lämpe?» – «Tu veux la bagarre, tu cherches les ennuis?» – est la première étape d’une altercation qui peut mais ne doit pas dégénérer, par exemple entre deux automobilistes qui veulent la même place de parc. On peut l’entendre dans le tram, crié dans un téléphone portable par un gars échauffé dans une mystérieuse querelle à distance. Ou lorsque deux femmes se racontent sur un ton pénétrant qu’elles ont eu des mots (Lämpe) avec une collègue de travail. A moins que ce ne soit avec le copain pour une histoire de chaussettes sales. «Mach kä Lämpe» (Fais pas d’histoires), dit peut-être un jeune (Zurichois) à son copain éméché lors d’une sortie en bande. L’UDC prône la tolérance zéro envers les étrangers qui font des difficultés (Lämpe). Selon le Tages-Anzeiger et sa célèbre rubrique consacrée aux mots en dialecte, «Lämpe» est toutefois une version du désaccord présentant un certain niveau, qui fait suite à un échange de vues différenciées. Selon le lexique des mots en dialecte alémanique Idiotikon, «Lämpe» signifie le pli gras de la vache qui lui pend du museau à la poitrine. L’ouvrage n’explique pas comment la signification dans le langage courant a glissé vers démêlés, dispute. Ce qui laisse le champ libre à l’imagination. Catherine Cossy

P.-S. Une lectrice nous a fait remarquer que les «Saveurs du dialecte» de la semaine passée comportaient une erreur de syntaxe. On écrit «Häsch mer (datif, et non mi, accusatif) füf Schtutz fürd Notschlafstell».