Les résultats de l'analyse de l'ADN masculin, mêlé au sang de Ghislaine Marchal dans la fameuse inscription «Omar m'a tuer», sont clairs: il ne s'agit pas de celui d'Omar Raddad. L'ancien jardinier a pourtant été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa patronne, retrouvée morte en 1991. Les avocats d'Omar Raddad, qui ont déjà demandé une révision du procès, espèrent que ce nouvel élément accélérera le processus judiciaire.

C'est en décembre 2000 que le laboratoire de police scientifique de Paris découvre qu'à la trace de main ensanglantée de Ghislaine Marchal est mêlé un sang inconnu. Cependant, la seule analyse d'ADN est insuffisante pour établir l'innocence de l'ancien jardinier. Rien ne permet de prouver qu'il a été déposé sur les lieux au moment du meurtre et par le coupable. Il peut notamment s'agir d'une contamination ultérieure. Par ailleurs, l'ADN retrouvé sur l'arme n'a pas pu être identifié. Toutefois, les avocats du jardinier ont fait remarquer que les scientifiques n'ont finalement trouvé aucune trace d'Omar Raddad sur les lieux du crime: «Il n'y a aucun indice, pas une trace, rien, et ça suffit», estime ainsi Me Jean-Louis Keita.

Grâce partielle

Ghislaine Marchal a été assassinée de plusieurs coups de couteau. On a retrouvé son corps dans la chaufferie de sa villa, sur la Côte d'Azur. Sur la porte, la mystérieuse inscription «Omar m'a tuer», écrite avec du sang, a conduit les enquêteurs sur la piste de son jardinier, Omar Raddad, qui a toujours clamé son innocence. Sa condamnation n'a pas levé toutes les zones d'ombre de l'enquête. Le 23 mai 1996, Jacques Chirac a d'ailleurs partiellement gracié Omar Raddad afin qu'il puisse rapidement être libéré. A cette époque, il était impossible de faire appel, en France, d'un jugement émanant d'une Cour d'assises.

En janvier 1999, forts de nouveaux éléments apportés par des enquêteurs privés, les avocats d'Omar Raddad ont déposé une requête en révision du procès. En avril ou mai, la Commission de révision devra estimer s'il existe des «faits nouveaux», inconnus au moment du procès, qui seraient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Si c'est le cas, le dossier sera renvoyé en cour de cassation, ce qui pourrait donner lieu à un nouveau procès. Dans une interview publiée hier, Omar Raddad a déclaré qu'il espère «que la justice va aller très vite» pour le réhabiliter. Et d'ajouter: «Cela fait dix ans que j'attends.»