Les deux tiers des oiseaux migrateurs voyagent de nuit, ce qui complique leur observation et leur comptage. Les chercheurs de la Station ornithologique suisse ont donc employé trois méthodes pour estimer le nombre et la direction des migrateurs sur plusieurs stations d'observation réparties autour de la Méditerranée, à l'exception des côtes maghrébines.

Le radar. Il a l'avantage de localiser les volatiles de jour, de nuit et par tous les temps. Utilisé en mode de balayage, il permet d'estimer la densité d'oiseaux par kilomètre cube d'air, repérer la direction, l'altitude et la vitesse du vol. Sur le mode de poursuite, il est possible d'observer tel ou tel individu dans un rayon de 4,5 km. L'appareil ne permet pas de déterminer les espèces de migrateurs, mais de classer les oiseaux en deux grandes catégories: ceux qui battent des ailes régulièrement – tels les canards et les échassiers – et ceux qui volent en battant des ailes par intermittence, comme la majorité des passereaux.

La caméra infrarouge. Pointée verticalement, elle décèle la différence de température entre l'oiseau «chaud» traversant le ciel nocturne «froid». Elle permet de déterminer la densité des oiseaux et la direction du vol jusqu'à une altitude de 3000 mètres, pour autant que les nuages ne soient pas trop épais. Elle ne donne en revanche aucun renseignement sur les classes d'oiseaux observés.

Les observations devant le disque lunaire. Elles se font au télescope, les soirs dégagés de pleine lune. L'observateur bien entraîné peut compter les oiseaux, calculer leur direction en observant l'axe selon lequel ils traversent le disque lunaire. L'altitude d'un oiseau peut être estimée jusqu'à 1000 mètres, en comparant la taille relative de la silhouette du volatile avec le cratère lunaire Tycho, bien visible. La méthode ne donne aucune indication sur les classes d'oiseaux observés.

Les chercheurs aimeraient bien profiter davantage du GPS (pour «global positionning system») pour observer par satellite le parcours exact d'un oiseau migrateur. Il est déjà utilisé pour suivre à la trace les cigognes et les gros rapaces. Mais pour l'instant le système est encore trop lourd – il pèse environ 100 grammes – pour équiper la majorité des oiseaux.

A. Cl