éros et controverse

L’art délicat de refuser un rapport sexuel

CHRONIQUE. Il y a plein de raisons pour lesquelles on peut dire non à un rapport sexuel, mais parfois, c’est seulement parce qu’on n’en a pas envie. Le problème, c’est que cette raison est peu audible. Notre chroniqueuse aborde l’art du refus mais invite aussi, si le manque d’envie est récurrent, à analyser la situation plus en détail

Parce que la sexualité fait partie de nos vies mais qu’elle reste pourtant taboue, «Le Temps» inaugure un nouveau rendez-vous: deux fois par mois, la chroniqueuse et journaliste Maïa Mazaurette donnera son point de vue sur un sujet d’actualité

Chroniques précédentes:

Sexualisation partout, libido nulle part? Sans verser dans la théorie des vases communicants, on peut observer que la médiatisation de nos habitudes sexuelles n’a pas entraîné d’augmentation des rapports. Si les débats des dernières décennies ont rendu la sexualité plus discutable, ils ont échoué à la rendre plus désirable. La faute à une actualité anxiogène, au stress, aux écrans, à la malbouffe, à la fatigue… et puis des fois, on n’a juste pas envie.

Et peut-être faudrait-il commencer par là: admettre que tout n’est pas conjoncturel. Inutile de s’inventer une migraine quand on voudrait simplement terminer son bouquin (l’assassin, c’est l’experte-comptable). Inutile d’ailleurs de se justifier, comme si par défaut il fallait avoir envie – ou comme si par défaut, on «devait» des missionnaires et des culottes à dentelle à ses partenaires.