Sans aucun doute, le téléphone portable, les réseaux sociaux et plus globalement les écrans prennent de plus en plus de place dans la société. Comment vivre avec? Quel est leur rôle dans notre quotidien? Comment réduire les usages abusifs et malsains? Autant de questions qui peuvent paraître parfois moralisatrices mais qui cernent aussi un réel enjeu dans le monde d’aujourd’hui. La campagne menée par la Direction de l’enfance, de la jeunesse et des quartiers (DEJQ) de la ville de Lausanne va dans ce sens-là, tout en ciblant directement les élèves de 11 à 15 ans.

«Attention, ce n’est pas parce qu’on parle des écrans qu’obligatoirement on doit en parler de manière négative», lance d’entrée Tiziana Belluci, impliquée dans la campagne en tant que directrice de la fondation Action Innocence, soutien majeur du projet. «Notre objectif n’est pas d’avoir un comportement moralisateur ou de pointer du doigt ce qui ne va pas. Au contraire, l’idée est de sensibiliser les jeunes en faisant de la prévention en mettant le sujet sur la table.»

Lire aussi: «Conflit des écrans» et défis éducatifs

«Lève le nez, regarde où tu vas!»

Afin de sensibiliser les jeunes à cette thématique, de nombreuses actions vont voir le jour tout au long de l’année 2021-2022. Un budget atteignant presque les 200 000 francs a été établi. Les premières affiches ont été collées ce week-end dans tous les établissements scolaires lausannois ainsi que dans plusieurs lieux stratégiques comme les parcs de la ville ou le métro.

En guise d’accroche, dix slogans ont été choisis dans le but de pousser les jeunes et plus globalement l’ensemble de la population à se poser des questions. «Ce matin, les élèves ont sûrement été surpris de voir toutes ces affiches dans leurs collèges. Demain [mardi, ndlr], les classes qui le souhaiteront pourront prendre part à la journée «connexion-déconnexion», qui doit permettre aux enfants d’avoir une discussion sur le sujet avec les enseignants et les camardes», se réjouit Delphine Corthésy, coordinatrice de la campagne.

Un soutien psychologique au besoin

Cette première initiative lancera donc cette campagne nommée «- d’écran, + de…». Au fil des discussions, l’objectif sera d’influencer le comportement des jeunes et de modérer leur usage des écrans tout en pérennisant quelques projets.

Pour certains cas plus problématiques que la moyenne, un suivi psychologique peut être demandé au comité de la campagne, qui prendra en charge certaines séances à l’aide d’un fonds revalorisé à hauteur de 15 000 francs. «En 2016 le montant du fonds s’élevait à 30 000 francs, ce qui nous avait permis d’aider une trentaine de familles. Aujourd’hui, l’objectif est de le réévaluer régulièrement en fonction des besoins», indique le municipal lausannois David Payot.

Quant à la question de «l’école numérique», les initiateurs du projet ne la voient pas d’un mauvais œil. Tiziana Belluci d’Action Innocence relève même des points positifs. «La digitalisation au sein des établissements scolaire n’a, à mon sens, pas d’impact majeur sur les élèves. Ils ne vont pas développer une addiction à cause de ça. En revanche, ça peut faciliter les devoirs et amener un support de qualité à l’enseignement.»