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Honda propose à Las Vegas un programme de robots coopératifs et sociaux, utiles en cas de catastrophes naturelles, grâce à une intelligence artificielle qui fait preuve de «compassion», selon le constructeur japonais
© Honda

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L’automobile, ce produit d’électronique grand public

Au Consumer Electronics Show de Las Vegas, qui ouvre ce mardi, la voiture individuelle fait acte d’allégeance aux géants de l’intelligence artificielle et du numérique. Un retournement majeur qui en dit long sur la mutation en cours du moyen de transport

Faudra-t-il un jour trouver un autre nom pour «automobile»? L’invention plus que centenaire connaît aujourd’hui un tel bouleversement de sa définition, et de sa conception, que la question mérite d’être posée. Elle était symbole de liberté, analogique, propulsée par des hydrocarbures. La voilà mise en demeure d’être partagée, électrique, numérique, autonome et connectée. Propre, humble et intégrée de force aux systèmes intermodaux de mobilité.

Les patrons de Mercedes et de BMW l’ont dit récemment: pour survivre, leurs entreprises devront être de moins en moins automobiles et de plus en plus technologiques. Leurs concurrents, ajoutent-ils, ne sont plus les autres constructeurs, mais bien les géants de l’économie numérique. Quitte à passer des alliances contraintes avec eux.

Cette allégeance s’illustre au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, qui se tient du 9 au 12 janvier dans la plus grande ville du Nevada. Le salon de l’électronique grand public accueille des marques automobiles depuis quelques années déjà. Celles-ci en profitent pour approfondir leurs contacts avec les chercheurs de l’intelligence artificielle, des systèmes autonomes, des interfaces conversationnelles, des interactions entre humains et véhicules. Et bien sûr présenter des nouveautés à algorithmes augmentées.

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Le CES devient un des principaux salons automobiles aux Etats-Unis

Chaque année, les constructeurs et équipementiers accroissent leur présence à Las Vegas. A tel point que l’insolent CES n’hésite plus à se classer comme l’un des principaux salons automobiles aux Etats-Unis. Et à se présenter comme la version «turbocompressée» du North American International Auto Show de Détroit dans le Michigan, lequel ouvrira ses portes dans une semaine.

Cette année, les marques auto occupent 27 000 m² au CES, une surface en progression de 23% par rapport à l’an dernier. Elles se glissent de surcroît dans l’exposition spéciale du salon, consacrée aux villes intelligentes. Dernier symbole: c’est au président de Ford, Jim Hackett, que revient l’honneur de tenir le discours inaugural du CES.

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Tout se passe comme si, à Las Vegas, la voiture n’était plus qu’un «hardware» comme les autres, à l’égal d’un réfrigérateur connecté, d’un téléviseur 8K, d’un smartphone 5G, d’une enceinte audio à assistance vocale. L’important, désormais, est le «software». Un domaine dont les Mercedes, BMW, Nissan, Toyota, Kia, Hyundai, Honda, Ford ou Fiat Chrysler ont peu la maîtrise.

Byton, l’intelligence artificielle à bord d’un SUV électrique

Toutes ces marques sont présentes au CES. Ainsi qu’une nouvelle, Byton. Fondée par d’anciens responsables de BMW, Tesla, Apple et Google, soutenue à hauteur de 200 millions de dollars par un fonds d’investissement chinois, Byton dévoile son premier véhicule, un SUV électrique. L’intéressant ne tient pas dans les performances annoncées (500 km d’autonomie, recharge de la batterie en quinze à trente minutes), mais dans sa panoplie de systèmes numériques. L’accès à bord est sécurisé par reconnaissance faciale, l’écran derrière le volant s’étend sur toute la largeur du pare-brise, les commandes sont gestuelles, la connexion 5G, la conduite autonome d’un niveau 3 ou 4 sur les 5 existants.

«Byton» est une contraction de «bytes on wheels», des bytes sur roues qui en disent long sur la priorité accordée aux fonctions intelligentes. Le SUV électrique devrait être lancé en Chine fin 2019, l’année suivante ailleurs. Mais Byton n’a même pas encore d’usine. Il convient de se méfier de ce genre d’annonce: au CES 2016, le chinois Faraday Future lançait un bolide électrique avec le même optimisme avant d’aller de déconvenues en disparitions successives de radar.

Les robots capables de «compassion» de Honda

D’autres marques élargissent leur périmètre d’action. Honda est en retard sur son programme électrique, mais en avance sur sa technologie robotique, grâce notamment à son humanoïde Asimo. Le constructeur japonais propose à Las Vegas un programme entier de concepts robotiques et de partenariats avec des start-up. Dont WayRay, basée à Lausanne, spécialiste de la navigation à réalité augmentée pour les voitures connectées. Les robots de Honda se veulent utiles, coopératifs et sociaux, des secours en cas de catastrophes naturelles à l’assistance individuelle, grâce à une intelligence artificielle qui fait preuve de «compassion» et affiche une variété d’expressions faciales.

Connecter le cerveau au véhicule

Nissan s’intéresse au CES à la technique cerveau-véhicule. Connecter directement la voiture à l’activité cérébrale signifierait un gain de réactivité pour les systèmes d’aide à la conduite, en particulier dans les situations délicates. Nissan entend aussi renverser la hiérarchie de la voiture autonome, où la machine prend le pas sur l’être humain. Un système cerveau-véhicule redonnerait le contrôle à la mécanique humaine. Nissan ne nous dit toutefois pas comment les matières grises seront reliées aux processeurs siliconés. Une connexion jack, Lightning ou Bluetooth?

Toyota s’efforce de son côté de mieux intégrer les dispositifs de la navigation automatisée à une voiture de tourisme. Notamment en effaçant la protubérance périscopique du lidar, le laser de détection de l’environnement. La nouvelle plateforme de Toyota – développée à partir d’une berline Lexus – étend cette même détection à 200 mètres autour de la voiture.

Reste que les poids lourds de la Silicon Valley gardent la maîtrise du jeu à Las Vegas. Pour preuve Nvidia, important acteur de l’informatique visuelle: il vient de passer un accord avec Uber et Volkswagen pour leur fournir ses systèmes de conduite autonome. Si bien que VW expose au CES son futur bus, réincarnation électrique du Combi des années hippies, où l’intelligence artificielle remplace les paradis du même nom.

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