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L'avenir du musée d'informatique Bolo se joue ce dimanche

La petite institution basée à l'EPFL, qui comprend notamment une collection de 5000 ordinateurs, pourrait s’installer dans une nouvelle construction à Bussigny. Les citoyens se prononcent ce week-end

Les citoyens de Bussigny, dans l'ouest lausannois, décident dimanche par référendum s'ils veulent d'un complexe culturel qui accueillera le Musée Bolo dédié au numérique. Pour ses partisans, il animera un nouveau quartier en construction. Les opposants craignent les incidences financières du projet. Le vote porte sur une demande de crédit de 322 000 francs. Présentée par la municipalité de Bussigny ce printemps afin d'organiser un concours d'architecture pour ce complexe, elle avait été acceptée de justesse par le Conseil communal.

Le projet propose de réunir, dans le nouveau quartier qui se construit à l'ouest de la commune, une salle de spectacles d'une centaine de places, ainsi qu'un restaurant. S'y ajoute un espace muséal pour accueillir la collection de vieux ordinateurs du Musée Bolo actuellement situé à l'EPFL.

En avril 2017: A Lausanne, le Musée Bolo appelle à l’aide

Un devis de 14 millions

Les coûts de construction se montent à 14 millions, dont une moitié à la charge du Musée Bolo et l'autre à la commune. Les opposants, qui ont obtenu suffisamment de signatures pour qu'un scrutin soit organisé, se disent inquiets de l'impact du projet sur les finances communales.

La commune doit faire face à d'autres investissements importants, notamment le nouveau collège, l'arrivée du tram, du bus, ainsi qu'au départ d'un important contribuable, a déclaré Jacques Miauton, porte-parole des référendaires. Sans compter la RIE III, note-t-il.

«Il n'existe pas de besoins réels», résume le conseiller communal. «La commune compte déjà 22 restaurants. Et nous estimons qu'elle est déjà suffisamment équipée en salle de spectacles». Jacques Miauton n'est en outre pas convaincu «qu'on puisse faire tourner un musée hors-sol, créé de toutes pièces, à Bussigny».

Un nouveau quartier de 2500 personnes

La municipalité estime elle que la commune de 8700 habitants peut se permettre cet investissement. Son argument principal: des infrastructures sont nécessaires pour animer le nouveau quartier qui accueillera à terme 2500 personnes, explique la syndique Claudine Wyssa.

«L'implantation d'une salle polyvalente et d'un restaurant permettra d'éviter l'effet cité-dortoir. La conjonction avec l'arrivée d'un musée, c'est un heureux hasard. Le Musée Bolo cherchait des locaux et on en avait à lui offrir», a raconté la PLR.

«On a fait nos calculs; on ne dit pas que ça ne coûte rien», note Claudine Wyssa. «Mais ce sont des montants tout à fait supportables pour la commune en l'état. Vu l'importance du quartier, cela apparaît comme un complément raisonnable qui n'impactera que peu les comptes de fonctionnement. Quant à la RIE III, un accord a été trouvé et les communes du canton recevront une aide du canton», a-t-elle rappelé.

5000 ordinateurs

De son côté, le fondateur et directeur du Musée Bolo, Yves Bolognini avoue être sur des charbons ardents à quelques jours du vote. «Ce nouveau projet, ce n'est pas simplement un déménagement», souligne-t-il.

L'idée est de se baser sur les collections du musée (5000 ordinateurs et des dizaines de milliers d'autres objets, dont certains uniques) pour raconter l'histoire du numérique et du bouleversement dont il est à l'origine. «Nous voulons faire quelque chose d'interactif, de moderne et grand public et non un musée poussiéreux avec des objets entassés», explique-t-il.

Un billet du blog d'Yves Bolognini: Souvenirs et perspectives du Musée Bolo

La sauvegarde d'un patrimoine

Un concept muséographique a été mis sur pied par Marc Atallah, directeur de la Maison d'ailleurs à Yverdon-les-Bains. Il estime que le nombre de visiteurs annuels pourrait avoisiner les 10 000.

L'an dernier, le Musée avait lancé une recherche de fonds pour sauvegarder son patrimoine et payer le loyer des lieux de stockage. «Depuis, on a cherché à se professionnaliser, ce qui n'est pas possible à l'EPFL. Bussigny avait besoin d'animer ce nouveau quartier. On s'est bien trouvé à ce moment-là», glisse Yves Bolognini.

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