Chronique de la misère ordinaire en Chine: mardi matin, à onze heures dix, l'école de Fanglin a explosé alors que 150 élèves se trouvaient dans les classes. La moitié de l'édifice s'est effondrée. Officiellement, hier, on estimait à 41 le nombre de victimes, des enfants de moins de dix ans pour la plupart, et à 30 le nombre de blessés. Mais selon des témoignages recueillis sur place par l'AFP, le nombre des victimes pourrait s'élever à 60. Les salles de classe de Fanglin, un village situé dans les montagnes de la province du Jiangxi, au sud-est de la Chine, avaient été transformées en fabrique de pétards et feux d'artifice. Une idée du directeur de l'école et du secrétaire local du Parti communiste, selon un villageois cité par l'AFP.

Les images des gravats du bâtiment filmées par la télévision du Jiangxi donnent une idée de l'extraordinaire puissance du souffle de l'explosion. Selon les premiers résultats de l'enquête, l'école avait signé un contrat avec une fabrique locale de feux d'artifice.

Revenu supplémentaire

Depuis trois ans, aux heures de repas, les 400 enfants de l'école primaire étaient contraints d'assembler des pétards au rythme de 1600 par semaine. Il se pourrait que la manipulation d'un détonateur par un élève soit à l'origine de la catastrophe. Les responsables de l'école profitaient de ce revenu supplémentaire non négligeable dans l'une des régions les plus pauvres de Chine. Les petites mains par contre ne touchaient aucun salaire. Et les parents d'élèves s'étaient plaints à plusieurs reprises auprès des autorités.

La fabrication d'explosifs est une industrie importante de cette région de la Chine. Il y a un an déjà, dans un comté voisin de Fanglin, une autre explosion avait provoqué la mort de 33 personnes. La manutention des feux d'artifice fait chaque année des dizaines de victimes en Chine: 136 personnes en sont décédées l'an dernier. L'explosion de Fanglin révèle à nouveau l'extrême précarité du système scolaire chinois. Dans tout le pays, de nombreuses écoles primaires des régions défavorisées sont forcées d'exercer des activités lucratives pour subvenir à leurs besoins.